Lundi, couscous (et pas jeudi, à titre exceptionnel)

J’ai été retenue pour la deuxième fois lors du Masse critique de Babelio, qui était ce mois-ci dédié à la littérature jeunesse. J’ai reçu Lundi, couscous de Lorris Murail.

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A peine reçu, à peine lu. Un de ces matins où on se lève aux aurores à cause d’un petit être lève-tôt.

Ce coup-ci, je n’ai pas eu droit à ma petite dédicace sur la page de titre! Mais j’ai passé un moment plutôt agréable, autour d’un sujet que j’affectionne. L’acceptation de l’autre, de l’étranger…

Arno (avec un « o », pas « Arnaud » ou « Arnault » ni même « Arnaut »), est en 4ème (La 4e2, dite aussi la IVeII), et trouve que quelque chose cloche dans son collège depuis quelques jours. Et ce n’est pas cette journée étrange qui va arranger les choses. Pourquoi lui demande t-on de trier des livres selon des critères hasardeux? Pourquoi le prof d’histoire-géo devient tout à coup ultra chauvin? Pourquoi le prof de maths commence t-il a faire son cours avec des chiffres romains (mince, pas de zéro dans ce système numérique!)? En réalité, il se doute fort bien de ce qui se trame, mais personne ne dit rien, on dirait qu’il n’y a que la bouffe qui les intéresse, car le jeudi, normalement c’est coucous, mais ce jeudi, ben, c’est langue de boeuf…  Et pourquoi la journée se termine t-elle par le montage de l’estrade qu’on ne sort normalement que pour la fête de fin d’année, en juin et non pas en octobre…

Un roman court,  peut-être trop léger par moment, mais qui aborde la question du racisme, de la mixité avec humour (J’aime beaucoup le 9ème chapitre!). L’action se déroule essentiellement au collège, et le CDI et la documentaliste ont une place de choix dans ce roman. Mme Anselme, personnage sympathique qui décide d’appliquer à elle les principes des trois singes de la sagesse…

Même si on suppose que le dénouement est difficilement réaliste, il n’en reste pas moins que ce court roman représente à mes yeux une petite pépite pour faire passer un message sur un sujet délicat, et qui plus est, plaira probablement à des petits lecteurs.

Pour le maintien de l’école Monein Castet

Une fois n’est pas coutume, j’use de ce blog professionnel pour partager une action de parents d’élèves, dont un est un membre de ma famille. Vous pouvez passer votre chemin, ou au contraire partager!

L’école de Monein Castet est une école rurale, comptant 22 élèves regroupés dans une classe unique. Et oui, il existe encore des écoles avec classe unique. Même si je n’y ai moi-même jamais été confrontée, j’ai connu beaucoup de gens, vivant dans la vallée, proche de chez moi, qui ont été scolarisés en classe unique en maternelle et primaire. Et si ces écoles n’existaient pas, je crois qu’aller à l’école serait très compliqué pour certaines familles, vivant dans des endroits isolés et parfois loin des villes. Pour peu qu’il neige, rejoindre le premier grand village ou petite ville du coin peut devenir un parcours du combattant.

On parle de classe unique lorsqu’une école « ne comporte qu’une seule classe, regroupant […] plusieurs niveaux »¹. Selon les statistiques parues dans la référence citée ci-avant, on comptait 11 449 écoles à classe unique en 1980 et 3302 en 2013. Moins une bientôt? (et peut-être plus).

L’école de Monein Castet existe selon les registres depuis 1890. Depuis 23 ans, Claude Gonzales, l’instituteur, y applique des méthodes pédagogiques alternatives. On pourrait donc, selon Bernard Collot, qualifier cette école de 3ème type. Sur son site, il nous explique de quoi il retourne:

L’école du 3ème type est une conception globale de l’école dans une unique finalité: contribuer à la construction de l’enfant en adulte autonome, disposant des outils de l’autonomie pour être et agir dans une société où il ne sera pas passif. Si elle découle des pédagogies active et Freinet dont elle prolonge les logiques, elle s’appuie sur une notion différente des langages et de leur construction (langages oraux, écrits, mathématiques, scientifiques, manuels, corporels, artistiques…). Ce sont des outils neurocognitifs interprétant et produisant des informations et des représentations ainsi que leurs expressions. Ils permettent l’appropriation des connaissances et leurs mises en action dans des savoir-faire et des savoir-être. L’essentiel est donc dans les conditions qui favorisent leur construction et leur évolution. […] L’école du 3ème type est donc un système vivant. […] De par sa structure dissipative et l’auto-organisation qu’elle permet, les apprentissages informels se substituent aux apprentissages formels. Les constructions des langages se réalisent à partir des projets individuels ou collectifs des enfants, quels que soient ces projets. L’enfant, en interaction avec son environnement, en interrelation avec les autres enfants et adultes, est la source de ses apprentissages. Il n’y a pas de programmes, pas d’évaluations autres que celles naturelles qui s’opèrent dans le concret du déroulement de toute activité pour la réaliser et avancer, pas d’échéances.²

Cette petite école du Béarn propose une alternative aux parents désireux de proposer une scolarité maternelle et primaire d’un autre type à leurs enfant, au sein de l’enseignement publique. Car il s’agit bien d’une école publique³. Il est arrivé que certaines familles s’installent précisément dans le coin pour pouvoir offrir cette alternative à leurs enfants.

Le 15 octobre 2014, les parents ont appris que la municipalité avait décidé de fermer l’école de Castet à la fin de l’année scolaire 2014/2015. La rénovation des locaux (essentiellement de la deuxième salle qui est nécessaire suite aux nouveaux rythmes scolaires) représente une charge budgétaire trop lourde selon la municipalité. Il est reproché, par les parents, habitants, anciens élèves, le manque de concertation autour de cette décision soudaine.

Et voici comment l’action pour le maintien de l’école de Monein Castet s’est mise en place, avec renvoi vers les liens utiles.

 

monein castet

Voilà ma modeste participation à cette action. L’école est un droit mais le choix de ce que l’on souhaite pour ses enfants également. Une décision de cette mesure, ayant des impacts, à faible échelle certes, mais tout de même, sans concertation, sans débats possibles me semble hasardeuse et non démocratique. En espérant qu’une solution positive puisse être l’issue de tout ceci…

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¹Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche – 2014, Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

² Pour en savoir plus sur les écoles du 3ème type, voir le site de Bernard Collot: http://b.collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/index2.htm

³ A ce propos, lire le reportage de Delphine Roucaute sur LeMonde.fr du 15 septembre 2014 « La méthode Freinet: une pédagogie innovante au cœur de l’école publique«