Retour sur l'utilisation d'un bullet journal de prof-doc

L’an dernier, j’avais déjà évoqué par ici l’utilisation du bullet journal dans le cadre de mon activité pro. J’avais essayé de tenir un classeur mais je suis vite revenue à l’utilisation d’un carnet, identique à mon perso, à savoir un carnet au format A5 l’an passé.

J’ai réitéré cette année, avec à nouveau un carnet au format A4.

Je vous propose donc aujourd’hui, à la fois un petit bilan et un billet un peu plus exhaustif sur la méthode et son intérêt pour les professeurs documentalistes.

  • Le bullet journal c’est quoi?

Un bullet journal ou bujo est donc un système d’organisation analogique et de gestion des tâches. Entièrement personnalisable, chacun l’adapte à ses besoins et/ou envies. Inventé par Ryder Caroll, ce système d’organisation 100 % DIY permettrait donc:

  • d’améliorer sa productivité
  • D’éviter la procrastination
  • D’être plus organisé

Un bullet journal est traditionnellement composé de plusieurs modules récurrents: l’index, le planning du futur (future log), le mensuel (monthly log) et le quotidien (daily log). L’index est en réalité un sommaire, qui se situe au début du Bujo et qui permet de savoir précisément le contenu de son carnet. On le rempli au fur et à mesure de la constitution de son bullet journal et on n’y note généralement que les éléments que l’on veut pouvoir retrouver facilement. Les plannings (log) permettent la planification à plus ou moins long terme (sur du long terme, à l’échelle du mois ou au quotidien). Même si le planning hebdomadaire (weekly log) n’est pas un module « officiel » il est régulièrement employé. Dans ces modules, on utilise différents puces et / ou signes (keys) pour préciser le contenu des tâches (rendez-vous, tâches, urgences etc…). On peut également ajouter des « collections » (regroupement d’infos relatives à une thématique, par exemple: livres à lire, films à voir etc…) et des tracker (outil de suivi de la réalisation de tâches quotidiennes ou autres, de progrès etc…). Lorsqu’une semaine, mois s’achève, on fait le point sur les tâches listées au début de celui-ci et on les reporte ou on les fait migrer au besoin.

  • Quel intérêt pour les profs docs?

Il existe de nombreux agendas spécialement conçus pour les enseignants mais à ma connaissance aucun de spécifique pour les professeurs documentaliste. On peut très bien s’emparer d’un agenda « enseignant » mais je les trouve peu adaptés à nos spécificités . On peut également se contenter d’un agenda classique mais idem, personnellement je me suis vite retrouvée envahie de post-its et autres papiers libres trainant un peu de ci de là (prise de notes lors des réunions / formations, info glanées auprès des collègues entre deux couloirs et qu’on note à la va vite sur un papier volant, égaré presque aussitôt…. Généralement la place disponible dans les agendas « tout fait » reste assez minime, et on peut vite se trouver à cours de place.

Il me semble qu’un bullet journal permet d’adapter son outil d’organisation à son contexte et à sa pratique professionnelle, de centraliser au même endroit une grande partie des informations et / ou documents pour une année scolaire, et ainsi d’être mieux organisé, plus efficace.

Bien entendu, l’utilisation d’un bullet journal n’a aucun caractère obligatoire, et son utilisation dans le cadre de notre métier doit répondre à un besoin émanant du professeur documentaliste qui souhaite s’en emparer. Si votre organisation actuelle vous satisfait, nullement besoin d’en changer. Ce système étant très personnel, et très dépendant de votre contexte d’exercice, les exemples qui illustreront ce billet ne seront justement que des exemples et rien de plus.

Même si le principe repose sur la simplicité, on voit fleurir des exemples relevant d’un niveau de créativité assez élevé. Ce n’est absolument pas un pré-requis, mais la tenue d’un bullet journal engage forcément son propriétaire à une assiduité. En effet, dans sa conception originelle, les pages de planification se créent au fur et à mesure, jamais en avance (hormis le future log et le monthly log en début de mois). Vous verrez assez vite que je déroge légèrement au concept avec mon propre bujo pro :). De mon côté, cette assiduité est pour moi un garde-fou. Elle m’oblige à faire le point régulièrement sur mes tâches, sur l’avancée des projets en cours, et ainsi à être plus efficace et à ne pas laisser passer un rendez-vous important ou autre. .

  • Le matériel

Fondamentalement, il ne vous suffit que d’un cahier et d’un stylo pour réaliser un bullet journal. De nombreux carnets, à des formats divers et variés, avec carreaux, lignés ou pointillés, avec des pages au grammage différents s’ouvriront à vous dans le choix des possibles. Certaines marques de papeterie développent des gammes spécifiques, mais un cahier tout simple peut tout à faire office de matériel de base.

A vous donc de choisir le format qui vous convient le mieux. Votre carnet doit-il pouvoir rentrer dans votre sac à main ou votre petit sac à dos? Prenez-vous les transports en commun et à ce titre limitez vous le poids de vos affaires? Dans ce cas, optez pour un carnet au format A5, à couverture plutôt souple et légère. La place que prend votre carnet vous importe peu? Vous aimez avoir de la place, pouvoir y coller des documents imprimés? Le format A4 sera peut-être plus approprié. Ces carnets représentant tout de même un coût (en moyenne une vingtaine d’euros), il vaut peut-être le coup de tenter différents formats sur des cahiers entrée de gamme et peu onéreux (voir en récup) avant de se décider pour le format réellement approprié à son organisation propre. Soyez également vigilent au nombre de pages du dit carnet. Trop peu et vous serez bon pour investir dans un deuxième cahier en cours d’année (ce qui peut être un choix pertinent en fonction de chacun) et trop de pages et vous aurez l’impression d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre en fin d’année.

Ici, j’ai utilisé successivement plusieurs types de cahiers / carnets: un cahier A4 à petits carreaux et à couverture rigide trouvé dans les méandres des placards du CDI, puis un beau carnet Moleskine à petits carreaux, au format A4 que j’ai beaucoup aimé. Comme je le disais dans mon précédent billet sur le sujet, je n’ai pas retrouvé ce carnet à un prix décent l’année suivante et j’ai décidé de tenté le format classeur. Au bout de quelques semaines, je me suis rendue compte que ce format ne me convenait absolument pas, et j’ai finalement opté pour un carnet A5 (Rhodia, papier pointillé, couverture souple). Plutôt peu encombrant mais il ne permettait pas de coller mais différents documents, et je suis finalement repassée en septembre sur un format A4 à couverture rigide et à petits carreaux (Leuchtturm 1917).

Concernant le matériel d’écriture: vous faites bien comme vous voulez! Vous aimez les stylos de couleur à paillettes? Lâchez vous!! Dans l’absolu, le premier stylo qui vous tombera entre les mains fera l’affaire.

Si vous avez une grande fibre créative, que vous aimez jouer sur les contrastes de tailles d’écriture, il existe pléthore de feutres et autres stylos qui feront votre bonheur: stylos à pointes fine, stylo de fausse calligraphie, feutres aquarellables, surligneurs de couleurs vives ou pastels… Bref il y a de quoi satisfaire toutes les envies et toutes les bourses. Un bon stylo plume rechargeable fera aussi très bien l’affaire.

Mon équipement de base
  • Les modules

J’ai évoqué plus haut les modules traditionnels du bullet journal. Je vais ici présenter ceux que j’ai adapté et qui me semble les plus importants.

  • L’index

L’index est super utile, voir indispensable. Si vous testez la méthode, vous verrez que les pages se remplissent très vite! Il est donc indispensable de tenir cet index à jour pour retrouver facilement les données dans le carnet. Pour marquer les séparations du carnet (passage d’un mois à l’autre, on peut également utiliser des scotchs décoratifs (masking tape, wasi tapes etc…), des languettes séparatrices, qui permettant également de se retrouver facilement dans son organisation. L’index restant la BASE.

Son avantage pour nous, c’est qu’il permet également d’avoir une vue d’ensemble, bien qu’incomplète, du travail fourni sur une année scolaire et de la répartition des tâches dans l’année. Quand vient l’heure de rédiger son bilan de fin d’année, il peut être un point de départ.

Index
  • Le planning du futur (ou future log)

Indispensable également, il permet d’avoir une vue d’ensemble sur l’année scolaire des différents projets, tâches immuables etc… A ce niveau, on se rend rapidement compte de l’utilité de la personnalisation. En effet dans certains agendas, ces pages existent, mais sur une année civile. Nous fonctionnons en année scolaire et on peut donc facilement avoir une meilleure représentativité en créant soi-même son outil de planification à long terme.

On le construit à sa façon, selon ce qui nous convient le mieux. Il convient cependant d’avoir un espace de note minimum, quitte à ce qu’il permette de noter quelques mots-clés et des renvois vers les pages concernées (dans ce cas, il me semble qu’on parle plus précisément d’un calendex)

Future log (sur l’année scolaire)
  • Le planning mensuel (ou monthly log)

Généralement à chaque changement de mois, on créé une page mensuelle avec un calendrier mensuel permettant de visualiser à l’échelle mensuelle et plus détaillée que le future log, les tâches et autres RDV à venir sur cette période.

Il suffit de préciser le mois et de créer son planning, mais on peut se faire plaisir et créer des couvertures (« covers ») mensuelles créatives. Ici, quand l’envie me prend, je dessine (selon la technique du moment: feutres aquarellables et tâches de couleurs, aquarelles, dessins thématiques etc…) sur du papier Canson et je colle cette « œuvre » dans mon carnet. L’épaisseur obtenue me sert ainsi d’intercalaire pour identifier rapidement mes changements de mois dans la tranche de mon carnet). Ce n’est absolument pas obligatoire. Si la page mensuelle et le planning associé sont spécifié dans l’index, le job est fait.

Le planning mensuel est important car il permet, à l’inverse du future log, de détailler un peu plus les tâches du mois à venir, de positionner les éventuels RDV qui seraient pris en cours de route, et de les reporter ensuite de façon hebdomadaire. On peut également y faire figurer les « deadline » pour une tâche, un ultimatum dans le cadre d’un projet, les dates des commandes passées etc…..

  • Le planning hebdomadaire (ou weekly)

Celui-ci ne figure pas officiellement dans les modules de Ryder Caroll, il peut être considéré comme hors-sujet par les puristes du bullet journal, mais c’est l’outil qui me semble le plus approprié dans notre pratique professionnelle. Il nous permet, comme dans un agenda classique, une vue d’ensemble de la semaine. On le construit à sa convenance, en adaptant les heures de chaque journée en fonction des séquences horaires de notre établissements (et pour avoir fait plusieurs bahuts, ça change radicalement d’un endroit à l’autre).

Ici je prévois généralement deux espaces par journée, en notant les séquences horaires en milieu de page: à droite les éventuelles séances et / ou RDV par plage horaire, et à gauche une to-do list quotidienne. Cette to-do list peut-être renseignée en amont, ou au jour le jour en fonction des besoins. Pour moi, le planning hebdomadaire est indispensable dans un bujo pro de prof-doc. Et je déroge clairement à la règle, puisque j’ai régulièrement plusieurs semaines d’avance (en général un mois, mais parfois plus). En bas de page je me réserve deux emplacements: « à faire cette semaine » et « semaine prochaine ».

Planning hebdomadaire (weekly) vide
Planning hebdomadaire : exemple d’une semaine passée
  • Le planning quotidien (ou daily log)

Ce module de base est à mon sens non nécessaire dans le contexte professionnel. Nous avons tout de même besoin de planifier au moins à l’échelle de la semaine. C’est un outil que j’utilise peu également à titre personnel. Mais il peut tout à fait convenir à d’autres personnes et à certains types d’organisation.

Par contre, chaque jour, j’ajoute, modifie et/ ou supprime des tâches tout au long de la journée.

  • Autre
  • Les collections

Les pages de collection, dans un bullet journal, regroupent un ensemble de données sur une thématique en particulier. En gros, il s’agit d’une compilation d’éléments de notre choix, sur un sujet en particulier. On peut par exemple trouver des collections « livres à lire », « séries et / ou films à voir », de voyages (souvenirs d’un voyage, les lieux visités ou à voir etc…. Il y a autant de collections que de personnes qui bujotent! Elles ne sont clairement pas indispensables, un peu accessoires, mais elles peuvent être importantes pour certains. Elles permettent un peu d’avoir un côté « journal de bord » dans son support, et de laisser libre court à sa créativité, à ses envies etc….

Les pages collections ont une utilité certaines dans un bujo de prof doc. Elles peuvent concerner plusieurs choses. Voici celles que j’utilise à titres d’exemples: la liste des profs principaux par classe, la liste des équipes pédagogiques par classe, le calendrier scolaire, le calendrier des semaines 1 et 2 dans le collège, l’annuaire téléphonique interne, les horaires de sonnerie… Mais aussi des pages spécifiques à un projet (celles-ci sont créées au fur et à mesure alors que celles citées juste avant sont en début de carnet car créées et / ou anticipées en début d’année scolaire). Il s’agit souvent de documents collés: inutiles de recopier l’ensemble des données quand on dispose d’un document imprimé. C’est pourquoi je suis repassée à un carnet au format A4 🙂 Dans cette catégorie, j’ajoute les plannings de sorties collège au cinéma, les courriers et documents officiels, mes notes de lectures, mes préparations et / ou brouillons de séances, etc… On pourrait tenir une collection des documents à acquérir (mais attention à ne pas faire doublon avec un autre outil similaire)

  • Outils de suivi (tracker)

Accessoires également, les outils de suivi, ou tracker fleurissent dans beaucoup de bullet journal. Ils nécessitent qu’on les renseigne régulièrement (sinon ils perdent de leur intérêt). Ils permettent de tenir à jour une liste d’habitudes, de tâches régulière, de suivre ses projets sur un ensemble de thèmes. On trouve en général des outils de suivi du sommeil, de l’humeur… Les influenceurs bujoteurs tiendront à jour leurs habitudes de publication sur les réseaux sociaux, les personnes au régime, le suivi de leur perte de poids. On peut les adapter à la santé (suivi de traitement etc…). Bref on peut faire des tracker pour tou… et n’importe quoi 😉

C’est un outil que j’utilise personnellement très peu, car je ne suis absolument pas régulièrement pour les mener jusqu’au bout! De fait dans mon bujo pro il y en a aussi très peu, mais certains peuvent être intéressants à mettre en œuvre si on en ressent le besoin et s’ils sont véritablement nécessaires : suivi du « budget du CDI » et des postes de dépenses, suivi des tâches spécifiques à un projet, suivi des tâches de gestion. On peut également envisager de faire un outil de suivi spécifique aux abonnements du CDI (réception des n°, échéances des réabonnement etc… Mais si nous utilisons un autre outil (par exemple sur le logiciel de gestion documentaire, il est absolument inutile de doubler avec un outil de suivi analogique dans le bujo.

Ici je pense à la mise en place d’un outil de suivi du rangement de mon bureau: c’est très « rustique » mais vu l’accumulation de bazar sur mon bureau, il pourrait être intéressant. J’ai également des plantes au CDI: je pourrais envisager un tracker entretien arrosage, mais comme je ne suis pas la seule à m’en occuper, je pense l’adapter en format mobile et collectif.

  • Report / migrations

Le report ou migration, consiste à faire migrer / reporter les tâches non réalisées d’une période à une autre. Cet aspect permet de faire le point sur ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire. On peut s’en acquitter quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement….

  • Divers « Hors-sujet »

L’avantage du bullet journal, c’est son adaptabilité et sa flexibilité. On peut donc laiser libre cours à ses envies / besoins dans la création de contenu. J’ai cette année des séances d’EMI avec les 5ème. Au lieu d’avoir un cahier d’appel traditionnel (qui ajouterait un support supplémentaire), j’ai donc créé mes propres fiches d’appel, par groupe, dans la fin de mon carnet. Ces listes d’élèves font un peu office de tracker, dans le sens où je peux visualiser en un clin d’œil la situation de chaque groupe dans la progression. Avec quel groupe suis-je en avance? Avec lesquels suis)je en retard (inévitable entre les absences formation, perso, les grèves et autres sorties etc…)

  • Pour conclure

Un bullet journal, c’est très personnel. Ce n’est absolument pas un outil universel, qui peut être imposé. Finalement assez proche du journal de bord (ou de classe) d’un professeur des écoles, il peut être adapté à n’importe quel contexte professionnel, qu’il soit Éducation National ou pas. Dans mon collège nous sommes 3 à en tenir un (dont une collègue d’anglais et une de français)

De mon côté, il me permet de regrouper ua même endroit l’ensemble des données d’une année. Je les conserve et j’aime bien, de temps en temps, les rouvrir et voir l’évolution de l’outil. Il me permet clairement d’être plus organisée, de prioriser pour ne pas me disperser.

Je ne m’en passerai plus! Mais j’ai aussi ce besoin d’avoir un support papier, d’écrire et c’est quelque chose de très spécifique à ma personne! Cet outil pourra convenir à certains d’entre vous et pas à d’autres.

Et ne vous fiez pas aux images sélectionnées pour illustrer ce billet. J’ai des pages très moches, sans aucun effort visuel, mais qui reste très fonctionnelles. Un bullet journal ne nécessite qu’un support papier et un stylo. Pas besoin d’être un artiste dans l’âme (bien que l’envie puisse vous prendre trois fois dans l’année).

Un bullet journal de prof doc?

Voilà deux ans que je me suis lancée dans l’aventure bullet journal à titre personnel. Pour info un bullet journal (ou bujo) est un système d’organisation personnalisable, créé sur mesure par son propriétaire. Plus flexible qu’un agenda classique, il permet de s’organiser entre tâches perso / pro à l’échelle quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou même annuelle. Ce système d’organisation a été inventé par Ryder Caroll et dans notre monde numérique, il ne nécessite qu’un carnet et un stylo!

Je me suis vite demandée si dans le cadre de ma profession, ce ne serait pas intéressant de le décliner. J’ai donc décidé de tenter l’expérience en fin d’année scolaire 2017 et j’ai mené la suivante entièrement avec ce système d’organisation.

Je viens ici vous montrer un petit peu ce que ça donne, et l’évolution sur ces quelques mois. Je pense avoir trouvé une organisation qui me correspond plutôt pas mal et je compte bien réitérer dès la rentrée qui arrive!

Le matériel:

Pour ma première expérience j’ai trouvé dans les tréfonds des tiroirs du CDI un vieux cahier grand format, à petits carreaux et à couverture rigide. Il a très bien l’affaire pour cette première expérimentation.

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L’an dernier, amoureuse de beaux carnets, j’avais choisi un grand carnet au format A4 de chez Moleskine, avec une belle couverture vert sapin. Petits carreaux, pochette à soufflets à la fin, et lien élastique pour le garder bien fermé (celui là même qui illustrera ce billet).

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Pour la rentrée 2018, j’ai voulu le même carnet mais va savoir pourquoi, son prix a doublé, et après des recherches de produits similaires et ne sachant pas pour quel carnet opté, j’ai choisi de le tenter en version classeur. Je me dis que la modularité sera davantage possible, je pourrais directement perforer et inclure les documents importants sans avoir besoin de les couper pour ensuite les coller, les faire migrer d’une année à l’autre etc…… (j’essaie encore moi-même de me persuader de ce choix! )

Le contenu

Outre le fait que je me peux me faire plaisir en terme de créativité et de déco de mon carnet, je peux surtout agencer mes semaines de manière personnalisée. En effet, avec un agenda traditionnel, j’avais soit peu soit trop d’espace d’écriture en fonction de la charge de boulot de mes journées. Les horaires pré-établis ne correspondent pas forcément aux séquences définies par le collège. De plus, la plupart des agendas conçus pour les enseignants le sont pour les profs de discipline, ce qui ne correspond pas forcément à celui de professeur documentaliste. Et comme on le sait, on ne bosse pas tous de la même façon, et personnellement j’ai vraiment besoin de cette modularité dans cet outil de travail.

J’ai pu insérer dans mon bujo pro les documents indispensables: calendrier scolaire avec les semaine A / B, les horaires de sonneries, la liste des profs principaux etc… (en général ils finissent par trainer un peu partout et quand je les cherche, ben je les trouve plus).

J’ai également créé une page « recherches documentaires » qui me permet de lister les recherches données par les professeurs, avec la/les classe(s) concernées, le /les  professeur(s) responsable(s) du travail, le sujet de recherche, le travail demandé, les dates de restitution et si le CDI a été proposé comme lieu de ressources (ce n’est pas toujours le cas!). Je dois avouer que ce tableau est pour moi précieux, mais peu nombreux sont les collègues qui m’informent de ces travaux (malgré mes nombreux rappels par mail, affichage, hibou postal ou pigeon voyageur…. mais ce n’est pas le sujet). Cette année j’ai un peu testé le truc, en recréant le tableau parfois chaque mois, parfois non…. Vu qu’une recherche peut courir sur deux mois ou plus, ou à cheval, le tableau mensuel n’est pas pertinent. L’avantage du classeur, c’est que je vais pouvoir faire migrer le tableau de mois en mois.

En vrac, et parce que ces documents ajoutés sont très personnels à notre pratique professionnel, j’ai eu aussi ajouter les fiches de  travail qui ont pu être données aux élèves dans le cadre d’une recherche, les fiches données par les enseignants avec consignes, délais etc…. (Encore une fois, le classeur sera, je pense, avantageux à ce niveau là).

On peut également ajouter ce qu’on nomme les « collections » dans son bujo: ici j’avais des pages dites de « collection » pour le suivi de mon budget et mes abonnements aux périodiques (je sais qu’on peut faire ce suivi sur son logiciel documentaire, mais j’aime bien avoir cette trace visuelle papier, et cette année ce n’était clairement pas ma priorité sur PMB). Bref, encore une fois, c’est modulable à souhait!

Voici un petit aperçu d’extraits choisis due mon bujo 2017-2018!

Je crois bien que plusieurs collègues ont opté pour ce système d’organisation. De mon côté, c’est adopté. Je précise quand même que c’est à la base un système d’organisation qui ne doit pas être trop chronophage! Donc on peut aisément se passer de fioritures décoratives pour aller à l’essentiel! L’idéal de base étant à mon sens une page de calendrier annuel, et ensuite une vue mensuelle à chaque début de mois. Ensuite on fait semaine après semaine (le but du bullet journal est de réaliser ses pages au fur et à mesure).

Du coup vous vous posez, là de suite, la question suivante: comment je peux avoir de la visibilité sur mes semaines à venir, qui même à long terme se remplissent vite? Deux possibilités: avoir un système de « futur log » (vue anticipée des mois / semaines à venir) ou comme j’ai fait l’an passé: un agenda du commerce de base (un petit suffit) pour noter les séances, réunions, autres et les reporter ensuite de façon hebdomadaire.

Et comme ça fait bien longtemps que je n’ai rien partagé ici, je vous propose cette mise en page hebdo pour la première semaine de la rentrée (format pdf ou ..docx pour être modifié, mais la mise en page peut bouger si vous n’avez pas le même logiciel de traitement de texte que celui que j’ai utilisé,  à savoir word)

Semaine du 3 au 9 septembre 2018

Exposition Harry Potter au CDI

Voilà bien longtemps que je n’ai rien publié par ici!

J’ai été mutée à la rentrée, après une pause (congé maternité) et ceci expliquant cela, je n’ai plus de 6ème en EMI (ni à l’année, ni en AP). Tout ceci risque de changer l’année prochaine. Ce n’est pas pour autant que je ne fais plus de séances d’info doc, au contraire. J’arrive à trouver des collaborations avec différents collègues de discipline, mais je n’ai rien publié, car je ne présente en général que des séances que j’avais soit déjà publié ici, ou des séances qui, selon moi, ne méritent pas de faire l’objet d’un billet. Alors certes j’aurai pu vous causer de mon nouvel établissement, de la place que j’y occupe, mais depuis septembre, je ne saurai par où commencer.

Du coup je reviens avec un billet plus « léger » (quoique), afin de vous présenter une petite chose qui m’a occupé pendant  1 mois en janvier / février 2017.

J’ai préparé pour mes élèves, un peu sur un coup de tête il faut l’avouer, une expo Harry Potter. Et l’expo thématique gentillette est devenue quelque chose d’assez conséquent.

Cette année j’ai décidée d’accueillir au CDI des expos gratuites de manière à en avoir une par mois. Pour le mois de février j’en avais prévu une sur le cinéma fantastique et je m’étais dit qu’en parallèle je ferai des tables thématiques autour des livres de littérature pour la jeunesse adaptés au cinéma (Hunger Games, Divergente, Labyrinthe, Les Orphelins Baudelaire etc… et bien entendu Harry Potter ). Et puis un soir en farfouillant sur Pinterest en quête d’inspiration, j’ai découvert pas mal de tuto, de DIY et de réalisations faites à partir de récup’ sur l’univers d’Harry Potter. Et je me suis dit qu’un focus sur cette saga romanesque pouvait être très sympa. J’ai donc viré de bord et commencé à m’atteler à la tâche.

Soyons clairs: j’ai dévoré tous les Harry Potter bien avant d’être prof doc, j’ai vu tous les films, et il va de soi que si je n’avais pas déjà une attirance pour cet univers, je n’aurais absolument pas fait ce choix! Je bosse également dans un CDI qui est grand, très grand. Le plus grand parmi les quelques CDI que j’ai connu depuis 2010 (c’est le 5ème). La moquette est affreuse, dans son jus des années 70, bicolore, constellé de tâches d’humidité, mais ce n’est pas grave. Dans quelques années, le CDI sera délocalisé puisque le collège est en travaux. Mais la moquette importe peu. Par contre l’espace permet beaucoup de choses!

Nous étions mi-janvier pour un début d’expo le 20 février. J’ai donc conçu l’expo seule, en terme de réalisations d’objets, mais j’ai en parallèle lancé un appel auprès de mes collègues, amis, en quête d’objets à transformer (clés, caisse en bois…) et d’objets pour décorer (valisettes vintages, récipients divers en verre, vieux objets pouvant illustrer le monde magique d’HP etc…).

J’ai moi-même investi dans quelques objets (une baguette magique, celle d’Harry, un collier retourneur de temps (le prétexte était unique, je ne pouvais pas le laisser passer. Enfin une raison de porter un retourneur de temps à mon âge!) , une tasse avec la marque du Sinistros (réalisé à la main par une jeune femme adorable, Eledhween, qui présente ses réalisations sur une page FB).

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Tasse du Sinistros

J’ai fabriqué quelques petites choses: petites fioles de potions, pancarte de la Voie 9/3, photomaton « Have you seen this wizard? », customisation de la boîte à chaussettes de Dobby (la caisse ayant été fabriqué par une connaissance d’un élève) etc…

Mais surtout, j’ai deux collègues extra, qui ont contribué par le prêt d’objets qui ont toute la différence: Grimoire des contes de Beedle le barde malles en bois, ancienne balance, serpent dans son formol, contenants en tous genres, balai. Merci à vous Céline, Aurélie et Cathy! Avec mention spéciale à Céline qui a cousu pendant ses vacances une magnifique robe de sorcier (que sa fille aura porté pendant l’évènement, étant élève au collège et grande grande fan d’Harry Potter!). A cela s’ajoute les objets prêtés par les élèves : baguettes des studios, boite de chocogrenouilles, de dragées de chez Berthie Crochue, boîte d’artefact, cravates de certaines maisons, divers livres Harry Potter (au point que nous avions une bonne partie des dernières parutions sur le sujet), un jeu façon trivial poursuite Harry Potter (par Gallimard jeunesse, la bibliographie se trouve en bas d’articles)…  La librairie de la commune du collège, ayant organisé la nuit Harry Potter quelques semaines avant m’ont également prêté des objets qu’ils avaient conçus ou en rab, notamment des coloriages géant (faisant partis du kit Gallimard pour la nuit Harry Potter) . C’est donc un véritable « projet » collectif, même si je mets « projet » entre guillemet puisque dans mon esprit ce n’en est pas vraiment un, il n’a pas été formalisé, pas de budget spécifique etc… Mais dans les faits, ça s’en rapproche.

Je vous mets les images, avec légende si nécessaire. En bas d’article je fais le récap’ des bouquins sur Harry Potter et son univers et je causerai des « ateliers / animations » mises en place durant les 2 semaines d’expo et de l’accès à celle-ci.

 

Il y a eu toute une organisation autour de cette expo. A part certaines animations qui ont fonctionné tout du long (le photomaton), la plupart des activités / ateliers / animations proposés ont eu lieu pendant la pause méridienne:

  • Passage des épreuves des B.U.S.E (limité à 30 élèves)

Sur les deux semaines, j’ai proposé aux élèves de passer leurs B.U.S.E en bon sorciers qu’ils sont. J’ai limité à 30 élèves et il était FORTEMENT conseillé d’avoir lus les romans, ou à défaut d’avoir vu les film (mais ce n’était clairement pas suffisant)

Je vous propose ici le contenu des trois épreuves.

BUSE Partie 1

BUSE Partie 2

BUSE Partie 3

  • Sieste littéraire

Lecture d’extraits des Contes de Beedle le Barde. Plutôt un échec car les lectures voix hautes nécessitent du calme et le silence n’était pas vraiment au rendez-vous pendant l’expo.

  • Atelier marque-pages origamis
  • Lecture solitaire / collective
  • Visite de l’exposition
  • Jeu de société Harry Potter

Un gros gros succès pour le jeu prêté par une élève. Il est assez pointu niveaux questions, je vais l’acquérir pour le CDI!

  • Photomaton

  • Coloriage géant et collectif

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  • Le jeu des profs de Poudlard

Fichiers images + textes, petites étiquettes à découper, plastifier et équiper de pate fixante: les élèves doivent associer la photo du professeur, son nom et sa / des disciplines / fonctions exercés. Je vous envoie le fichier sur simple demande!

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J’ai lancé un appel pour constituer la « team Harry Potter »  avant les vacances. Je me suis limitée à 15 élèves qui devaient connaître et apprécier l’univers d’Harry Potter. Ils avaient pour « missions » d’animer avec moi le temps de la pause méridienne, éventuellement orienter / expliquer aux élèves qui en auraient eu besoin, veiller au bon état des objets exposés, et profiter bien sûr.

On réitère l’an prochain, mais en partenariat avec la médiathèque de la commune! Un joli partenariat à venir. Et je pense fortement à monter un club Harry Potter dès l début de l’année, afin que ce coup ci les élèves soient acteurs de la création, du montage, des sélections relatives à la constitution de l’expo!

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Concernant les livres, je vous mets ici le lien vers les différents ouvrages (fictions, documentaires, belles éditions, adaptations) proposés par Gallimard Jeunesse (http://www.gallimard-jeunesse.fr/searchjeunesse/advanced/(limit)/10?figure=Harry%20Potter&SearchAction=1 ). Le fabuleux pop-up est vraiment chouette! (ici le lien vers la fiche Harry Potter sur le même site, avec un lien vers un dossier spécial de 25 pages consacré à Harry Potter)

Mais il y a une autre collection, des livres-guide de la franchise cinématographique Harry Potter dont la majorité sont écrits par Brian Sibley, dont le fameux: « Harry Potter la magie des films » qui est une pure merveille, ne serait-ce que parce qu’il est rempli de fac similés parfaits, dont la carte du maraudeur! Il existe aussi « Harry Potter: le grands atlas« , « Harry Potter: le grand livre des créatures » « Harry Potter: la galerie des portraits » « Harry Potter: le grimoire des objets magiques »

Je vous glisse aussi le lien vers le tableau pinterest « Expo Harry Potter » que j’ai constitué au fur et à mesure: on peut fabriquer soi-même beaucoup de chose, dont certaines avec peu de choses, et sans grand budget.

Il va sans dire que je me suis autant amusée que les élèves!

 

 

 

 

 

 

Pour le maintien de l’école Monein Castet

Une fois n’est pas coutume, j’use de ce blog professionnel pour partager une action de parents d’élèves, dont un est un membre de ma famille. Vous pouvez passer votre chemin, ou au contraire partager!

L’école de Monein Castet est une école rurale, comptant 22 élèves regroupés dans une classe unique. Et oui, il existe encore des écoles avec classe unique. Même si je n’y ai moi-même jamais été confrontée, j’ai connu beaucoup de gens, vivant dans la vallée, proche de chez moi, qui ont été scolarisés en classe unique en maternelle et primaire. Et si ces écoles n’existaient pas, je crois qu’aller à l’école serait très compliqué pour certaines familles, vivant dans des endroits isolés et parfois loin des villes. Pour peu qu’il neige, rejoindre le premier grand village ou petite ville du coin peut devenir un parcours du combattant.

On parle de classe unique lorsqu’une école « ne comporte qu’une seule classe, regroupant […] plusieurs niveaux »¹. Selon les statistiques parues dans la référence citée ci-avant, on comptait 11 449 écoles à classe unique en 1980 et 3302 en 2013. Moins une bientôt? (et peut-être plus).

L’école de Monein Castet existe selon les registres depuis 1890. Depuis 23 ans, Claude Gonzales, l’instituteur, y applique des méthodes pédagogiques alternatives. On pourrait donc, selon Bernard Collot, qualifier cette école de 3ème type. Sur son site, il nous explique de quoi il retourne:

L’école du 3ème type est une conception globale de l’école dans une unique finalité: contribuer à la construction de l’enfant en adulte autonome, disposant des outils de l’autonomie pour être et agir dans une société où il ne sera pas passif. Si elle découle des pédagogies active et Freinet dont elle prolonge les logiques, elle s’appuie sur une notion différente des langages et de leur construction (langages oraux, écrits, mathématiques, scientifiques, manuels, corporels, artistiques…). Ce sont des outils neurocognitifs interprétant et produisant des informations et des représentations ainsi que leurs expressions. Ils permettent l’appropriation des connaissances et leurs mises en action dans des savoir-faire et des savoir-être. L’essentiel est donc dans les conditions qui favorisent leur construction et leur évolution. […] L’école du 3ème type est donc un système vivant. […] De par sa structure dissipative et l’auto-organisation qu’elle permet, les apprentissages informels se substituent aux apprentissages formels. Les constructions des langages se réalisent à partir des projets individuels ou collectifs des enfants, quels que soient ces projets. L’enfant, en interaction avec son environnement, en interrelation avec les autres enfants et adultes, est la source de ses apprentissages. Il n’y a pas de programmes, pas d’évaluations autres que celles naturelles qui s’opèrent dans le concret du déroulement de toute activité pour la réaliser et avancer, pas d’échéances.²

Cette petite école du Béarn propose une alternative aux parents désireux de proposer une scolarité maternelle et primaire d’un autre type à leurs enfant, au sein de l’enseignement publique. Car il s’agit bien d’une école publique³. Il est arrivé que certaines familles s’installent précisément dans le coin pour pouvoir offrir cette alternative à leurs enfants.

Le 15 octobre 2014, les parents ont appris que la municipalité avait décidé de fermer l’école de Castet à la fin de l’année scolaire 2014/2015. La rénovation des locaux (essentiellement de la deuxième salle qui est nécessaire suite aux nouveaux rythmes scolaires) représente une charge budgétaire trop lourde selon la municipalité. Il est reproché, par les parents, habitants, anciens élèves, le manque de concertation autour de cette décision soudaine.

Et voici comment l’action pour le maintien de l’école de Monein Castet s’est mise en place, avec renvoi vers les liens utiles.

 

monein castet

Voilà ma modeste participation à cette action. L’école est un droit mais le choix de ce que l’on souhaite pour ses enfants également. Une décision de cette mesure, ayant des impacts, à faible échelle certes, mais tout de même, sans concertation, sans débats possibles me semble hasardeuse et non démocratique. En espérant qu’une solution positive puisse être l’issue de tout ceci…

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¹Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche – 2014, Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

² Pour en savoir plus sur les écoles du 3ème type, voir le site de Bernard Collot: http://b.collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/index2.htm

³ A ce propos, lire le reportage de Delphine Roucaute sur LeMonde.fr du 15 septembre 2014 « La méthode Freinet: une pédagogie innovante au cœur de l’école publique«