Co-intervention EMI / Physique-Chimie : évaluation d’une information à caractère scientifique

Depuis quelques années, une collègue de physique-chimie m’a proposé d’intervenir sur une activité qu’elle mène avec ses élèves de 4ème.

Jusque là je ne proposais rien de bien construit, le confinement est passé par là et nous ne l’avons pas refait l’an dernier. Nous avons programmé une séance pour que je leur présente un petit topo sur « ce qu’est une actualité scientifique« . Je suis tombée, au moment de la préparation de ma séance, sur l’article d’Aline Bousquet « Quelle évaluation possible de l’information scientifique ? » publié sur le site des professeurs documentalistes de Toulouse.

L’autrice est membre du groupe de travail « Esprit critique, science et médias » de l’IRES de Toulouse et membre du groupe de travail « Esprit critique » du CSEN et je trouve son approche pédagogique sur la question de l’évaluation scientifique vraiment juste et pertinente (s’inscrivant plus largement dans l’exercice de l’esprit critique), et la rejoint totalement sur la nécessité de former nos élèves autour de ces questions, en prenant le temps car il s’agit de compétences complexes, qui doivent s’inscrire dans une progression. J’ai d’ailleurs proposé à mon autre collègue de physique-chimie ayant des 4èmes cette activité. Ainsi, tous les élèves d’un même niveau auront pu bénéficier de cette situation d’apprentissage (non au saupoudrage).

Autant dire que le timing était parfait, et moi qui ne savait pas trop vers quels objectifs pédagogiques tendre (la demande était un peu vague) j’ai pu imbriquer les différents éléments, définir mon objectif et les relier à l’activité de départ. Je reprends donc en grande partie les propositions d’Aline et vous fait un petit résumé de cette séance et du contexte.

Le contexte

La professeure de physique chimie fait travailler ses élèves de 4ème sur l’actualité scientifique. L’activité n’est pas menée en classe mais sur le temps hors scolaire. Elle leur demande dans un premier temps de sélectionner une information d’actualité scientifique (sur le Web ou non), datée de deux mois maximum. La consigne n’est pas précisée davantage, puisqu’il s’agit d’avoir un point de départ, avec une première sélection de la part de l’élève en amont de toutes précisions de la part des enseignantes. Nous nous baserons donc sur le choix de cette première information d ‘actualité sélectionnée par les élèves.

Dans un deuxième temps, j’interviens sur un temps de classe (heure de physique-chimie) pour questionner avec eux l’évaluation d’une information scientifique. J’ai monté un genial.ly (qui sera disponible sur l’ENT) qui me sert de support pédagogique collectif. L’actualité scientifique choisie en amont sera analysée par chaque élève en fonction des différents critères d’évaluation proposés. (Voir la description en deuxième partie).

A posteriori, quelques exemplaires d’une fiche guide élève leur seront remises. Ils auront pour consigne, sur le temps hors classe, de sélectionner une autre information d’actualité à caractère scientifique, et de l’analyser à l’aide de la fiche guide. Ce travail sera effectué à plusieurs reprises et constituera un dossier qui sera évalué par ma collègue et moi-même.

La séance

Objectif : Comprendre qu’une information à caractère scientifique publiée sur le Web fait l’objet d’une vulgarisation, dont la qualité peut-être variable.

Pré-requis: les élèves ont sélectionnés une information d’actualité sur le Web ou dans la presse « papier »

Modalités: 1 séance de 55 minutes, au CDI (pour avoir accès au parc informatique), avec le professeur de physique-chimie. Classe entière

Déroulement

Dans un premier temps j’invite les élèves à distinguer une information « connaissance » (knowledge) d’une information « d’actualité » / de presse (news). Je n’ai pas le temps sur cette courte durée d’approfondir cette distinction mais il faudrait que j’arrive à introduire une séance sur le sujet en amont pour ce niveau. L’entrée « type d’information » du Wikinotions InfoDoc sera un appui. Ici je me contenterai de présenter une typologie incomplète par domaine et par rapport au traitement de l’information (connaissance = dans un domaine de connaissance en particulier, une information élaborée / d’actualité = issue des médias, en rapport avec une information brute (dépêches AFP). Au vidéoprojecteur seront projetés deux exemples: une page de l’encyclopédie Wikipédia et un article de presse. J’aurai aussi à disposition des documents physiques (un documentaire et un magazine de vulgarisation scientifique)

Mayer, Nathalie. s. d. « Un type rare de trou noir découvert près de notre Galaxie ». Futura. Consulté le 26 janvier 2022. https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/trou-noir-type-rare-trou-noir-decouvert-pres-notre-galaxie-96325/.

Dans un deuxième temps, il s’agit de différencier deux types d’informations scientifiques: la publication scientifique d’un côté, et l’information à caractère scientifique (je reprends les exemples utilisés par Aline B. sur l’article cité plus haut). Je leur demande à quel type d’information scientifique se rattache l’actualité scientifique qu’ils ont choisi. (réponse attendue: une information à caractère scientifique). Il s’agit alors d’introduire la notion de vulgarisation scientifique. Je vais d’abord noter au tableau leurs propositions (des dictionnaires seront à leur disposition s’ils le souhaitent). Il s’agira de verbaliser ce concept ensemble, en le notant au tableau: « La vulgarisation scientifique consiste à rendre accessible au grand public (ou non-experts) des informations scientifiques complexes et elle est de qualité variable. »

Je propose alors aux élèves de réfléchir à 4 critères permettant de jauger la qualité d’une information à caractère scientifique. Pour chaque critère énoncé, je leur demanderais d’abord à quoi ils font référence selon eux avantde leur projeter les différentes possibilités. Ceci afin de créer des échanges et d’essayer de ne pas trop être sur une présentation magistrale. A l’issue de ce questionnement, une fiche guide permettant d’évaluer ces 4 critères pour chaque information d’actualité sélectionnée leur sera distribuée.

Pour finir, les élèves devront analyser l’information d’actualité scientifique sélectionnée par leur soin en amont. Nous ferons un point en fin d’activité pour jauger le niveau de qualité qu’ils accordent à l’information d’actualité qu’ils avaient choisie.

Nous leur remettons deux exemplaires de fiche guide supplémentaire (au format A5) et ils auront pour consigne de sélectionner une nouvelle information d’actualité scientifique à laquelle ils accordent un degré de confiance haut en fonction des différents critères que nous avons énoncés précédemment.

Supports:

  • Genial.ly
  • Fiche Guide

Évaluation: les élèves devront réaliser un dossier regroupant les différentes actualités scientifiques, évaluées grâce aux différents critères (type de site / Intention de publication / Qualité de la source / expertise de l’auteur). L’évaluation portera sur la qualité de l’analyse, et l’évolution de la qualité des informations d’actualité sélectionnées (en tout cas pour ma part). Ma collègue de P.C aura aussi de son côté une grille d’autoévaluation simple qui accompagnera le dossier. L’évaluation sera probablement notée.

J’aimerai, dans les années à venir, inclure cette proposition pédagogique dans une progression en EMI davantage construite, pourquoi pas en lien avec différentes disciplines, pour tous les élèves de 4èmes. Cette progression EMI aurait pour objectif principal l’exercice de l’esprit critique, mais ce n’est pour le moment qu’une idée qui germe…

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EMI 3ème La recherche d’information sur le Web: les moteurs de recherche

Je dois avouer que ce billet est en brouillon depuis presque un an. Je prends à peine le temps de le terminer, et de trouver peu à peu le temps et l’envie de publier par ici.

Pour recontextualiser: depuis la rentrée dernière, j’ai les élèves de 3ème, en classe entière pour des séances d’EMI à l’année, une heure par quinzaine. L’an passé, j’ai pu expérimenter quasi toutes les séances prévues (voir ici) avec toutefois quelques suppressions / modifications.

Cette première séquence a été précédée, l’an dernier, d’une introduction sur les aspects historiques d’Internet et du Web, et ce qu’ils sont. En effet les 3ème que j’ai eu en 2020/2021 n’avaient pas eu de séances EMI en 5ème, et nous n’avions pas abordé ces aspects ensemble. Je ne m’attarde pas trop sur ce propos introductif qui reprend dans les cadres lignes la première séance en 5ème. Ceci dit, je n’ai pas vraiment pris le temps de revenir sur ces notions / connaissances avec les 3ème de cette année (qui avaient eu EMI avec moi en 5ème), pensant naïvement que c’était acquis et je me rends compte que c’est une erreur: ils ont tout oublié, donc il faut vraiment prévoir un temps pour revenir dessus, et vérifié si les élèves ont bien assimilé la chose. Je m’appuie sur la vidéo de révision que j’avais mise en ligne l’an dernier.

Je vous glisse le document distribué aux élèves de 3ème ci-dessous.

Cette séquence autour de la notion de moteur de recherche est constituée de trois composantes: le fonctionnement général d’un moteur de recherche (séance 1), interface et page de résultats (séance 2), le monopole Google (séance 3). Elle est ponctuée par une évaluation de fin de séquence.

La construction de cette séance repose en premier lieu sur l’article de Julien Rousseau Le moteur de recherche et les collégiens : quelles représentations, quels obstacles, quelle didactisation ? sur le site les Trois Couronnes. La partie fonctionnement d’un moteur de recherche est grandement inspirée de la séance proposée par Gaëlle Sogliuzzo Comment fonctionne un moteur de recherche : l’exemple de Google. En parallèle, j’ai eu la chance, dans le cadre de mon master l’an passé (Le master 2 MEEF EMI à Toulouse 🙂 – Big up à Nicole Boubée et son équipe et à mes copines de promo!) de suivre le cours de Guillaume Sire sur les moteurs de recherche, ce qui vous en convenez, tombait parfaitement! Son ouvrage (Sire, Guillaume. Les moteurs de recherche. La Découverte, 2016) est à lire!

Les séances se déroulent au CDI (l’an passé c’était CDI / salle de classe, protocole sanitaire oblige). La troisième séance (sur Google) est la même que l’an passé et présente un côté trop magistral, mais je n’ai pas eu le temps de la reprendre. Ça viendra.

Séance 1 : Le fonctionnement général d’un moteur de recherche

Cette séance est donc inspirée de celle présentée par Gaëlle Sogliuzzo. J’ai d’ailleurs repris le schéma proposé dans sa séquence.

La séance est introduite par un rappel sur la distinction entre navigateur et moteur de recherche.

Ensuite, les élèves réalisent une petite activité qui consiste à effectuer une recherche, sur le moteur de recherche de leur choix, ayant pour sujet « Comment fonctionne un moteur de recherche? ». Dans un premier temps il s’agit seulement de saisir sa requête et d’accéder à la page de résultats.
Nous nous regroupons ensuite pour une mise en commun: quel outil a été utilisé? (réponse attendue navigateur puis moteur de recherche). Quel navigateur et moteur de recherche avez-vous choisi (Google l’emporte). On liste au tableau les requêtes saisies par les élèves. Même en 3ème, la tendance à saisir la question du sujet dans la barre de requête est majoritaire. On questionne les différentes requêtes proposées: peut-on trouver des synonymes? Est-on obligé de saisir la question entière ? Les caractères saisis sont-ils accentués? On évoque ensuite la notion de mots-clés: le moteur de recherche comprend-il le sens des mots? Le langage humain? Ces questions orientées permettent de faire évoluer la notion de mots-clés vers celle de chaînes de caractère sur un moteur de recherche.

Une autre activité est alors proposée aux élèves, toujours sur le même sujet de recherche. Plusieurs requêtes leurs sont proposées (voir fiche élève): pour chacune, ils doivent renseigner le nombre de résultats obtenus et si cette option figure sur le moteur de recherche choisi, le temps indiqué par celui-ci pour proposer une liste de résultats.

  • Comment fonctionne un moteur de recherche
  • Fonctionnement moteur de recherche
  • « Fonctionnement moteur de recherche »
  • Fonctionement mauteur de recherche

Nous nous retrouvons à nouveau pour comparer les résultats obtenus. Il s’agit de préciser à nouveau que le moteur de recherche traite notre saisie en tant que chaîne de caractères. La question suivante leur est soumise: Que fait le moteur de recherche de cette chaîne de caractère, entre le moment où nous validons la requête et l’affichage des résultats? Les propositions des élèves font l’objet d’une discussion, nous notons au tableau certains éléments proposés.

Sur la fiche élève, nous observons alors de plus près les trois modules qui composent le moteur de recherche et nous expliquons le rôle de chacun (schéma au tableau, questions / réponses):

  • Le module d’exploration: les spiders / crawlers ou encore bots, sont des logiciels qui explorent le Web en passant par les liens hypertextes entre les pages. Ils enregistrent des copies de ces pages (copie de certains éléments seulement dans la plupart des cas) et les envoient au module d’indexation
  • Le module d’indexation: il liste les chaînes de caractère présentes dans ces copies de pages, les stocke et les organise dans un index / base de donnée.
  • Le module d’interrogation: il s’agit de l’interface du moteur de recherche, face à laquelle un internaute est confronté. Il s’agit de l’interface entre l’internaute et l’index. Le module d’interrogation code la requête en chaîne de caractères, la compare au contenu de l’index et affiches les résultats correspondants.

Séance 2 : La page de résultats d’un moteur de recherche

En préambule, il s’agit de revenir sur la séance précédente: je demande aux élèves de me citer les trois modules qui composent un moteur de recherche et de les décrire rapidement. On commence avec les portes-vue fermés. Si je vois que ça coince, ils reprennent la fiche du cours précédent et ça débloque la situation.

Je rappelle l’objectif de la séance (analyse de l’interface et d’une page de résultat d’un moteur de recherche) et je détaille l’activité: il s’agit pour les élèves (par groupe de 2 ou 3) de choisir un moteur de recherche et d’observer son interface: l’interface est-elle simple ou éditorialisée? Y trouve t-on un bouton de connexion de type « Mon compte »? Un menu ? Une rubrique « à propos » « qui sommes- nous »? D’autres éléments (je pense par exemple au compteur d’arbres plantés sur Ecosia)?

Puis, les élèves sont invités à formuler la requête « masque lavable » (voilà les exemples choisis!) et à l’aide du questionnaire de la fiche d’activité, ils observent la première page de résultats.

Nous nous retrouvons une fois l’activité terminée. Pendant le temps de l’activité, j’ai ouvert dans des onglets différents les différentes interface des moteurs de recherche proposés, ainsi que les pages de résultats pour « masque lavable ». Il s’agit ensuite de reprendre avec les élèves les différents éléments qu’il fallait observer durant l’activité:

  • Les suggestions de recherche au moment de la saisie de la chaîne de caractères composant la requête: Lorsqu’un internaute saisit sa requête, le moteur de recherche peut lui suggérer plusieurs requêtes (déjà formulées par des internautes).
  • liens simples / liens enrichis:
    • Liens simples: le lien généré par le moteur apparait en bleu, suivi d’une description en noir.
    • Liens enrichis: les liens peuvent être enrichis avec une image, une indication de notation (pour un restaurant par exemple)…
  • liens naturels / liens sponsorisés:
    • Liens naturels: Un lien naturel est un lien référencé « naturellement » par le moteur de recherche
    • Liens sponsorisés: On parle aussi de liens commerciaux. Ils apparaissent la plupart du temps sous la même forme que les autres liens, mais dans des encarts spécifiques (en haut, à droite de la page des résultats…). Lorsque l’internaute clique sur un lien sponsorisé, cela entraine un paiement de l’éditeur du site au propriétaire du moteur de recherche.
  • les moteurs de recherche spécialisés : Les moteurs spécialisés sont consacrés à un type de documents spécifiques (actualités, shopping, Maps…) ou à un format d’information (images, vidéos…). Consultables indépendamment, ils sont aujourd’hui directement intégrés au moteur généraliste: ainsi, sur une page de résultats, on trouvera des liens  issus de ces moteurs spécialisés (images, vidéos, maps, actualité etc…). On aperçoit le lien vers ces moteurs via les « catégories » visibles sous la barre de requête et/ou directement dans la page de résultats.

Séance 3: Le monopole Google

Cette séance est celle qui présente le plus une dimension « magistrale » puisque je l’avais mise en place l’an dernier, alors que le protocole sanitaire exigeait que les enseignants se déplacent dans la salle attribuée à chaque classe. Cependant, chaque diapositive du diaporama permet d’ouvrir à la discussion avec les élèves et je les invite à participer par le biais de questions / réponses auprès du groupe.

Il s’agit, pour cette séance, de considérer Google en tant qu’entreprise et non pas seulement en tant que moteur de recherche. Et de questionner la place monopolistique que Google a su mettre en place et de questionner les problématiques éthiques induites. On abordera également le modèle socio-économique de Google, son modèle économique et la question des données personnelles.

Le diaporama est disponible ci-dessous (au format .pptx et .pdf), mais voici dans les grande ligne les déroulé et contenu de la séance.

Avant de commencer, je demande aux élèves s’ils connaissent Google (Oui, forcément) et si certains n’ont jamais utilisé Google ou de services de Google (jusque là, aucun élève ne m’a répondu non). J’évoque le fait qu’au fondement Google n’était qu’un moteur de recherche créé à la fin des années 1990, mais qu’aujourd’hui il s’agit d’une entreprise, proposant un ensemble de services, et occupant une place de quasi monopole à l’échelle mondiale au niveau des services de recherche d’information et de communication depuis les années 2010. J’évoque le terme de monopole en leur demandant dans un premier temps s’ils peuvent me définir le terme. Si les conditions sont réunies, ils peuvent aller chercher la définition dans un dictionnaire.

Monopole, définition du Larousse

Privilège (de droit ou de fait) dont dispose un individu, une entreprise ou un organisme public de fabriquer ou de vendre seul certains biens ou certains services à l’exclusion de tout concurrent.

Nous commençons par parler de la stratégie de diversification de Google. Celle-ci passe par des acquisitions et le développement interne d’outils / services. Je leur propose pour chaque catégorie de me dire s’ils connaissent des services/ entreprises / startups qui auraient été achetés par Google et d’autres qu’ils auraient développés au fur et à mesure (voir diaporama). Une fois la liste établie, on fait un focus sur le projet avorté des Google glasses et après le visionnage de la vidéo (ci-dessous), nous prenons un moment pour en discuter.

Il s’agit ensuite de questionner cette stratégie de diversification: qu’est-ce qu’elle apporte à Google? Nous pouvons alors aborder la question épineuse de la récolte des données personnelles des usagers, notamment des individus identifiés (et qui ont donc créé un compte Google). Ces données personnelles permettent à Google d’améliorer les performances et l’attractivité de son moteur de recherche et de ses services, et de proposer des stratégies publicitaires ciblées. Nous reviendrons par la suite sur le modèle économique de Google.

Puis nous revenons rapidement sur l’histoire de Google: sa date de création (4 septembre 1998) et ses créateurs: on peut montrer aux élèves la première interface du moteur de recherche et la comparer à l’interface actuelle. Nous mettons en avant quelques dates clés: essor de la stratégie de diversifications dans les années 2010, apparition de la publicité dès 2002, et la date qui marque la restructuration de Google, 2015, avec la naissance de la société mère Alphabet. Les différents services sont alors répartis au sein de différentes filiales.
L’évocation de la société mère et de ses filiales permet d’introduire du vocabulaire spécifique au monde de l’entreprise et nous définissons ces deux termes.

Filiale

entreprise qui est contrôlée par une autre société dite société mère

Nous arrivons ensuite à une partie qui nous intéresse particulièrement: il s’agit du modèle économique de Google qui est en lien avec le choix de l’inclusion de la publicité dans ses services. Nous revenons rapidement sur les aspects historiques liés à la publicité sur le Web, et je leur montre la toute première bannière publicitaire apparue en 1994. Au début de l’Internet et du Web « grand public », la question de la possibilité de monétiser les contenus et services se multipliant sur le Web s’est vite posée.  La publicité était alors majoritairement présente sous forme de bannière publicitaire, parfois pop-up (qui apparaissaient de façon impromptue). Ce système de bannière était finalement proche du modèle publicitaire traditionnel, qui consistait en l’achat d’encart / emplacement par l’annonceur sur un média (un encart dans un journal papier, un encart à la TV, un spot radio, ou un emplacement sur un site Web).

Puis nous évoquons Bill Gross. A la fin des années 90, Bill Gross, un des pionniers de la Silicon Valley, et créateur du moteur de recherche « Go to », imagine un modèle économique basé sur l’insertion de publicité sur les moteurs de recherche. Auparavant, d’autres modèles basés sur la publicité ont été imaginés mais ont fait un flop: exemple avec le moteur de recherche Infoseek, qui a tenté de vendre des abonnements à 9,99 par mois pour 100 requêtes et une facturation à 0,10 cts par requête supplémentaire (échec face à la concurrence des moteurs de recherche gratuits).

A ce moment là, il est important d’évoquer le fait que l’insertion de publicités sur le moteur de recherche Google était alors non envisagée par ses créateurs, à l’aide de la citation suivante

Sergueï Brin et Larry Page ,1998

les concepteurs de technologies « seraient fortement incités à travailler pour les annonceurs plutôt que pour les besoins de leurs utilisateurs » en faisant le choix d’un modèle économique basé sur la publicité. 

Sauf qu’en 2002, S. Brin et L.Page revoient leur copie car il faut réfléchir à un modèle économique pour leur moteur de recherche s’ils souhaitent que celui-ci perdure et se développe. Même s’ils refusent une association / fusion avec Bill Gross, ils reprennent ses deux principes et en ajoute un troisième (séparation liens naturels / liens sponsorisés) qui leur permet d’éviter les controverses / critiques nourries à l’égard de Bill Gross. La machine de l’activité publicitaire sur Google est lancée, et elle ne se fera que croître…

Nous essayons d’éclaircir les deux principes établis par Bill Gross: l’achat de mots-clés et la facturation au coût par clic.

Pour conclure, nous interrogeons cette place monopolistique que Google a su développer et conserver. J’évoque rapidement avec eux la notion de cout d’opportunité et la problématique liée aux données des utilisateurs avec la mention des Query Logs. Il s’agit ici vraiment d’aborder très furtivement ces aspects, pour leur faire prendre conscience des problématiques soulevées par le monopole Google, et nous prenons bien entendu un moment pour en discuter.

  • Coût d’opportunité: le coût que devrait supporter un utilisateur ou un partenaire s’il venait à changer de service
    • Pour l’utilisateur: s’habituer à un autre agencement des fonctionnalités
    • Pour les éditeurs: devoir mettre en place des partenariats avec un autre moteur, l’implémenter, comparer la rémunération…
    • Pour un navigateur: aspect technique, satisfaction des utilisateurs…
  • Query Logs: historique des données de Google depuis 1998

Évaluation de fin de séquence

Je clôture cette séquence par une évaluation écrite sur ces trois séances. Il s’agit aussi d’évaluer la connaissance et compréhension des notions d’Internet et du Web.

Je vous propose ici plusieurs formats pour cette évaluation: l’évaluation « classique » (je m’excuse mais ce sera un pauvre scan de mon fichier, car je ne retrouve plus sa version numérique) , celle que j’ai adaptée (à venir) pour les élèves de Segpa, d’Ulis ou UPE2A ayant encore quelques difficultés avec la langue française, ou tout élève présentant un trouble de la compréhension et de l’écriture et qui aurait besoin d ‘une adaptation de l’évaluation (pour écrire le moins possible). Cette année j’ai également conçue une version en anglais de cette évaluation – à venir- (et des fiches de cours – à venir et à retrouver en fin de billet et merci DeepL-) car j’ai deux élèves UPE2A qui sont arrivés il y a quelques semaines à peine, qui ont encore beaucoup de mal avec le français mais qui sont clairement motivés par les séances d’EMI et je trouvais dommage de les mettre en difficulté. L’évaluation est notée, sur 20.

Concernant les compétences évaluées, voici un petit listing:

  • compétence numérique (CN5 2.6) Prendre conscience de l’évolution des matériels et des logiciels pour développer sa culture numérique. Ici il s’agit de situer l’apparition d’Internet et du Web et de différencier Internet et le Web. (CN5 2.10) Connaître les grandes lignes des modèles économiques du numériques
  • Socle commun : Domaine 2 (5.2) Comprendre des consignes (11.1) Apprendre le cours

Les documents en version anglaise

#primegate Entre tristesse et dégoût: état d’âme d’une prof doc en 2020

Cette année, je fête les 10 ans de mon CAPES de documentation. Ce CAPES que j’ai obtenu du premier coup, au prix d’un travail acharné. 10 ans de bons et loyaux services, d’un investissement permanent et intense. Et aujourd’hui, je lis que je ne suis pas enseignante, que je ne suis pas devant des élèves… Je me prends, comme nous tous, ce mépris en pleine face. Pourquoi? Méconnaissance de notre métier? Non c’est trop facile… Volonté avérée de nous soustraire de notre spécificité? J’opte pour cette option. Je n’ai pas d’autres explications.
Si vous le permettez, je vais me livrer dans un billet un peu plus personnel que de coutume. Presque comme un cri du cœur… Je ne sais pas si mon ministre actuel me lira, mais si jamais il passe par là: vous ne pouvez pas nous ignorer. Vous ne pouvez pas nous dénigrer ainsi. Vous rendez vous compte de la violence de vos propos? De vos décisions? De vos petites ritournelles pour faire passer la pilule? Nous ne sommes pas dupes… (bien entendu derrière notre Ministre il y a aussi toute une administration, que je désigne aussi par ce « vous »)

Il y a donc 10 ans, j’étais encore étudiante en archéologie. En M1 précisément. Mon sujet de recherche concernait les industries lithiques en quartz dans la grotte des Fieux (Lot) au paléolithique supérieur. Passionnant non? Ce n’était pas exactement ce que j’imaginais. Je me sentais abandonnée avec mon mémoire, et je sentais bien, qu’au fond de moi, ce n’étais pas ce que je voulais faire de ma vie. Je n’étais pas passionnée au point de sacrifier ma vie à l’archéologie…. Dans un sursaut de conscience, j’ai pris rendez-vous avec la documentaliste de mon labo de recherche. Nous avons déjeuné ensemble, et elle m’a parlé un peu des métiers de la documentation. Au détour de la conversation elle est passé rapidement sur le métier de professeur documentaliste qu’elle avait exercé quelques années avant de passer le concours du CNRS. Et là mon cœur a fait tilt! Je suis rentrée chez moi avec ce métier en tête, j’ai fait quelques recherches, et j’ai été voir de plus près les conditions de candidatures à l’IUFM.. C’était l’année charnière ou la mastérisation se profilait, allait même devenir effective. Mais coup de bol, on pouvait encore postuler à la formation avec un bac +3 et l’admission au concours valait pour une équivalence M1. Je me suis donc lancée dans l’aventure, à Toulouse, avec des enseignants formidables, des camarades de promo merveilleux. J’ai bossé dur, avec une famille à côté, et plusieurs petites jobs d’appoint. Et j’ai réussi. Du premier coup. Quelle fierté! Moi fille d’ouvrier, pas d’enseignants dans ma famille, issue d’une école de quartier populaire, enfant d’immigré. Quelle fierté de me dire que j’allais travailler dans cette institution publique, celle qui m’avait faite.

Pour mon année de stage, j’ai été propulsée dans l’académie de Créteil. Dans le 93. A temps plein. Plus la formation à côté. Je me souviens encore des propos tenus par ma première principale lorsque je me suis présentée à elle: « je vous préviens, le CDI, n’est pas le centre du collège. » En fin d’année, je crois qu’elle a changé d’avis… J’ai d’ailleurs passé une année merveilleuse. Ma tutrice était vraiment une perle (Tulin, si tu passes par là). Et j’ai été titularisée.

J’ai eu de la chance, j’ai pu rejoindre mon académie très rapidement, en poste fixe. Rejoindre ma famille donc.Quelques années de galère loin de chez moi mais j’ai pu rejoindre un département limitrophe de celui de mon domicile dans les 2 ans qui ont suivi ma titularisation, sans jamais passer par la case TZR. Je mesure ma chance. Aujourd’hui je suis en poste pour la 5ème année consécutive dans un collège que j’adore, avec des élèves que j’ai plaisir à retrouver chaque jour. Et qui me le rendent bien. Mes collègues enseignants (et tous les autres aussi d’ailleurs) me considèrent comme l’une des leurs. Pas de différence. J’ai toute ma place. J’ai des heures d’enseignements dans mon emploi du temps. Où je suis seule face aux élèves, DEVANT eux. Des demi-groupes et des classes entières. Pour des séances suivant une progression construite et réfléchie en EMI. En parallèle j’assure une ouverture du CDI qui ne m’est imposée par personne. J’ai de nombreux projets en cours, qu’ils concernent la lecture, l’éducation aux médias… Et j’anime aussi un club Harry Potter (le seul d’ailleurs proposé par moi). Mes collègues en proposent d’autres. Mon administration est de loin la plus favorable que j’ai connu dans ma courte carrière.

Il suffit de remonter les archives de ce blog pour voir que je me suis investie dans chacun des établissements où j’ai pu exercer mon métier. En tant qu’enseignante. En tant que professeure documentaliste. Chaque année je me donne à 1000 %. Comme la majorité de mes collègues. Je ne compte pas mes heures. Les 6 heures de relation avec l’extérieur. Je les dépasse largement. Sur mon temps perso. Comme la majorité de mes collègues. J’ai aussi donné de mon temps à l’Institution en étant membre du groupe académique des profs doc de mon académie et j’ai participé aux TRAAM documentation deux ans. J’ai arrêté. On en peut pas être partout. Il faut savoir faire des choix. Et puis à côté, j’ai aussi donné de mon temps et de mon énergie à l’association professionnelle des profs docs de l’Education Nationale (l’APDEN). Et j’en donne encore. Vous voyez, Monsieur le Ministre, mon métier je l’aime et je le défends. A ma mesure. Et j’aime tellement ce métier, que j’ai décidé de reprendre mes études pour ne pas me reposer sur mes acquis. Pour aller au bout des choses. Les sciences de l’information se sont révélées à moi. La didactique, la pédagogie, tout ça ça me tient à coeur. Donc mon boulot je le vis à fond. Peut-être trop. Sûrement même. Il n’y a vraiment que pendant les congés d’été que je me permets de décrocher vraiment. Et encore, j’ai toujours un œil rivé dessus.

Il y a eu le confinement aussi. Vous savez celui qui vous a fait sortir de votre chapeau magique cette fameuse prime informatique. Mais nous n’y sommes pas encore. En urgence, j’ai pris des cartons de livre dans ma voiture, pour les amener chez moi. J’ai embarqué le minimum syndical de mon matériel de gestion. Les travaux de mes élèves que je ne pouvais pas exposer. Par contre je n’ai pas pris l’ordinateur de mon poste de travail. Pourtant j’ai passé chaque jour de ce confinement sur mon ordinateur. Pour assurer la continuité pédagogique en EMI. Pour assurer l’ouverture culturelle de mon établissement. Pour garder un lien avec mes élèves, avec mes collègues. Pour échanger avec des parents aussi. J’ai même utilisé mon smartphone. Souvent les deux à la fois. Tout ce travail, je l’ai fourni au même titre que la grande majorité de mes collègues (toutes disciplines confondues). Et aujourd’hui, on nous confirme donc par le décret n° 2020-1524 du 5 décembre 2020 portant création d’une prime d’équipement informatique allouée aux personnels enseignants relevant du ministère chargé de l’éducation et aux psychologues de l’éducation nationale, que nous ne sommes pas enseignants (à l’exception des professeurs de la discipline de documentation). Lors d’une discussion au Sénat, Monsieur le Ministre a dit que cette prime était réservée aux professeurs qui sont devant des élèves. Vraiment? Comment devons-nous prendre cette phrase? Devons-nous applaudir? Devons-nous courber l’échine et remercier le transfert de cette somme vers une augmentation de notre ISP? (Indemnités de sujétion particulière).Non, non, non….

Il n’est pas question d’argent, il est question de reconnaissance, de notre métier, de nos missions. Encore une fois, et d’une manière qui surpasse toutes les autres, notre Institution nous crache à la figure tout son mépris et sa volonté de nous ignorer… encore. Sommes-nous si gênants que nous ne méritons pas de pouvoir exercer notre métier de façon convenable? Sommes-nous si effrayants que vous refusiez encore de faire de nous les véritables fer de lance de cette éducation aux médias et à l’information que vous semblez défendre? Si ce n’est pas ça, de quoi s’agit-il? D’incompétence? De nous ou de vous d’ailleurs? En tout cas, du mépris, ça en est, oui. Vous ne pouvez plus le nier. C’est trop flagrant, trop gros, trop grotesque.

Aujourd’hui, je suis en colère… Je me sens méprisée, reniée dans mon métier. Ignorée, laissée pour compte, ce que vous voudrez. Je suis usée aussi de devoir justifier sans cesse mes missions (et celles qui ne sont pas les miennes). Mais je ne laisse pas tomber.

Un autre jour, Monsieur le Ministre je vous raconterai une de mes journées. Le mieux serait presque même de la filmer. Pour vous montrer ce qu’est un prof doc en 2020. Le mieux serait même que vous veniez passer une journée entière avec un professeur documentaliste, même plusieurs, dans différents établissements. Venez constater si nous ne sommes pas devant des élèves, si nous ne sommes pas à leur côté, derrière eux aussi. Venez constater par vous même que nous n’avons pas le temps de tout faire au CDI sur une journée qu’il faille que nous travaillions de chez nous. Il serait grand temps de revoir votre copie.

Signé: une prof doc qui en a ras les ovaires et qui a passé son weekend à remplir les bulletins de ses 175 élèves de 5ème, à préparer l’évaluation des 3ème, répondre à des mails urgents (pour le boulot of course) etc… et qui à cette heure là, un dimanche soir, n’est pas encore couchée.

P.S: n’hésitez pas à aller lire le texte d’Aline Bousquet J’ai fait un rêve ou encore celui de Docalabordage Ne lâchons rien face à l’illusionniste.

P.S 2: la pétition est toujours en ligne ici.

Une rentrée 2020 placée sous le signe du Covid

Une nouvelle année a débuté, de manière un peu particulière. Après le confinement et le déconfinement, nous reprenons tous dans un climat spécial, assez anxiogène…

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai été surprise (ou pas?) de voir notre lieu de travail si spécifique, le CDI, absent du protocole sanitaire pour cette rentrée. Sommes-nous tant invisibles, pour que notre ministère ne prenne pas la peine d’un paragraphe dédié? Je crois que par lassitude, nous nous habituons à ce peu de considération, et pourtant…. Encore une fois, nous faisons preuve de beaucoup de ressources, de créativité et d’ingéniosité pour nous adapter.. Mais c’est tristounet…

Dans mon académie (contrairement à d’autres) nous avons reçu dans le courant de la première semaine, des conseils émanant de notre corps d’inspection. Ce qui ne fût pas le cas partout….

A partir de ce document et de la réalité de mon établissement, j’ai donc réfléchi aux mesures sanitaires à mettre en place dans le CDI de mon collège.

Après une semaine de fonctionnement, je dois avouer que je suis un peu triste… Les élèves viennent moins. Moi qui apprécie de leur laisser la liberté de venir pour la durée de leur choix, notamment pendant les récré ou la pause méridienne, je ne m’y retrouve plus… Avec le masque, j’ai du mal à reconnaître les anciens, et beaucoup de mal à identifier les nouveaux…

Je vous propose donc ici les visuels qui viennent entérinés cette réflexion et qui ont reçus l’approbation de mon équipe de direction.

Mesures sanitaires générales
Précisions sur le fonctionnement du CDI
Modalités d’accès pendant la pause méridienne (qui ont dû être revus et adaptés au contexte)

Et pour finir, je vous offre quelques visuels généralistes ou spécial Covid-19 (vous en faites ce que vous voulez), que j’ai réalisé pour venir compléter le tout.

Affiche Désinfection des mains

Progression EMI 3ème 2020-2021

Cette année, en plus des 5ème que je conserve en demi-groupe, j’aurai aussi les 3ème à l’emploi du temps (une heure quinzaine en classe entière)

Objectif affiché: les préparer à PIX. Objectif sous-jacent: développer des compétences info-documentaires et d’EMI, mais PIX est clairement l’argument choc de négociation (même si je n’ai pas dû négocier longtemps, puisque la proposition d’avoir un niveau supplémentaire en cette rentrée, a été formulée en fin d’année par mon adjoint).

J’ai donc pas mal de séances hebdomadaires, avec une progression pour les 5ème qui est déjà prête et qui ne bougera pas beaucoup. C’est un choix assumé de ma part, qui n’obstrue pas mes autres missions, rassurez-vous!

Concernant PIX: sans m’attarder sur le bien fondé de cet outil de certification, je suis opposée au fait de balancer les élèves face à l’outil le jour J sans aucune préparation en amont. (MAJ 13/09)Dans l’ensemble le CRCN est construit selon un angle essentiellement procédural, et l’objectif sera dans la mesure du possible de construire des concepts opératoires auprès des élèves.

Au sein de mon établissement, nous serons deux référents: mon collègue de technologie et moi-même. Nous allons bien entendu faire en sorte que nos autres collègues de disciplines s’engagent dans cette démarche, dans la mesure du possible (à l’impossible, nul n’est tenu). De mon côté j’ai sélectionné les domaines et les compétences qui relèvent de mes missions et de mes axes de formation. L’idée est d’aller au-delà des seules compétences du CRCN.

La progression proposée ici sera probablement allégée l’an prochain: en effet les élèves qui monteront en 3ème à la rentrée 2021 auront déjà suivi cet enseignement en 5ème et certains contenus auront déjà été abordés (Wikipédia, impact environnemental du numérique, (nouveaux) métiers du Web… Ces séances là seront donc proposées avec peu de changement aux 3ème actuels, pour des raisons de gain de temps évidentes (les journées de 48h n’existent toujours pas).

Comme d’habitude, les intitulés et contenus peuvent légèrement varier en cours d’année, au fur et à mesure de la création des contenus des séances. Chaque sous-thème ne représente pas forcément une séance type de 55 minutes. Chaque classe avancera à son rythme, en fonction des échanges et des interactions. Dans le cadre du contexte sanitaire actuel, l’innovation en terme de méthodes pédagogiques risque d’être un peu compromise…

MAJ du 13/09/2020: j’ai revu le thème 1, en me basant notamment sur l’excellent travail de Julien Rousseau disponible sur le site Les Trois couronne, Le moteur de recherche et les collégiens : quelles représentations, quels obstacles, quelle didactisation ? (2015).

  1. Recherche d’information sur le Web
    • Moteur de recherche
      • Question de vocabulaire
      • Fonctionnement d’un moteur de recherche
      • La page de résultat / classement des résultats
      • Modèle économique et éthique: Google what else?
    • Recherche d’images sur le Web
    • Le cas Wikipédia
  2. Réseaux sociaux
    • Diversité et vocabulaire des réseaux sociaux
    • Identité et présence numérique
    • Marketing d’influence: la publicité à l’ère des réseaux sociaux
  3. Le monde qui nous entoure et le numérique: problématiques sociétales
    • Les GAFAM
    • Impact environnemental du numérique
    • Le monde du travail et le numérique
    • Digital labor

Ci-dessous, et au format image (problème de mise en page), le détail avec sous chaque contenu de séance, les compétences numériques (CRCN, PIX), les compétences info-documentaires (à partie du Wikinotions) et les compétences en EMI (en majorité issue de la matrice EMI de l’académie de Toulouse) associées.

Thème 1: MAJ du 13/09/2020 (La première version est en fin de’article)
Thème 2
Thème 3

Versions précédentes

Thème 1: version 1 du 12/09/2020

EMI 5ème Séquence 2, séance 3: les (nouveaux) métiers du Web

Voici donc la dernière séance de cette progression d’EMI pour les 5ème! Je n’ai pas (encore?) de vidéo pour celle-ci (elle est tournée mais pas montée): en effet, j’ai présenté cette séance durant les deux/ trois dernières semaines de l’année scolaire, et tout le monde était (presque) de retour. J’ai donc eu la flemme… Encore une fois on est sur une séance pédagogique de forme magistrale, entrecoupée de beaucoup d’échanges et de discussions.

Pour aborder la question des travailleurs du Web, je me suis beaucoup appuyée sur les travaux de Nikos Smyrnaios, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication au Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales (Université de Toulouse 3) . Si ce n’est déjà fait, je vous conseille d’ailleurs de lire Les GAFAM contre l’Internet: une économie politique du numérique, Presse de l’INA, 2017) . Il travaille autour des stratégies des acteurs de l’internet, du journalisme en ligne et de l’utilisation politique des réseaux socio-numériques. J’ai eu la chance de l’écouter à la journée professionnelle de l’APDEN de mon académie fin 2019. Je reprends donc de ses travaux les différentes strates qui composent le « monde du travail » sur Internet et le Web.

Objectif de la séance: Prendre conscience de la diversité, de la pluralité et de l’inégalité du monde du travail lié à Internet et au Web.

  • Introduction

Pour introduire mon propos, j’évoque la digitalisation du monde du travail. Je profite de la sortie de cette période de confinement pour demander aux élèves comment leurs parents ont travaillé (lorsqu’ils travaillent bien sûr). Ont-il une activité qui a pu basculer vers le tout numérique ou non. On évoque le fait que le numérique, (sous des formes très différentes) a intégré le monde du travail. (J’en profite pour dire qu’il y a encore -et fort heureusement?- des secteurs professionnels où le numérique ne présente pas un grand intérêt (ou très peu).

  • Une diversité de (nouveaux) métiers

On évoque très succinctement les métiers qui sont apparus avec les numérique et ceux qui se sont transformés, en visitant le site de l’Onisep et plus particulièrement les métiers associés à la page « secteur pro: Informatique, Internet et télécoms »). Toute une activité peut être montée autour de cet aspect de la séance, mais le contexte ne me le permettait pas… (pas comme je l’aurai imaginé en tout cas)

  • Les travailleurs invisibles du Web

C’est à partir de maintenant qu’on entre dans le vif du sujet. On peut donc dégager 3 strates (ou niveaux) dans le monde du travail dans le domaine d’Internet, du Web, du numérique. Je les présente aux élèves en illustrant mon propos d’exemples divers.

La première strate: le travail à haute valeur ajoutée

Dans cette première catégorie on regroupe des emplois variés, à salaires variables mais qui correspondent à une acceptation « normale » de la valeur du travail et à une rémunération de plutôt correcte à indécente! A ce niveau on retrouve donc les cadres à très hauts salaires autant que les métiers de l’ingénierie et du marketing (entre autres).

La deuxième strate: les services secondaires, la sous-traitance à bas coût

Ici pareil: une multitude d’activités peuvent être proposées aux élèves en contexte normal. Pour cette fois, je me suis contentée de leur faire visionner des extraits vidéos issus du documentaire Invisibles, les travailleurs du clic.

On évoque dans un premier temps les coursiers-partenaires Uber eat:

Voici ce qu’implique une commande Uber Eats – Invisibles #1

Puis on aborde la question des modérateurs de contenus à travers l’exemple de la modération sur Facebook:

Dans l’enfer des modérateurs Facebook – Invisibles #3

Puis on parle du micro-travail, souvent réalisé en sous-traitance pour les GAFAM:

Voici qui entraîne l’algorithme de Google – Invisibles #2

La troisième strate: digital labor et effets de réseaux

La transition se fait ici à partir de l’aspect relatif au micro travail, puisque cette catégorie de la deuxième strate est liée au digital labor (voir A. Casilli http://www.casilli.fr/tag/digital-labor/ à propos de la question du digital labor).

Le digital labor est entendu comme les activités de l’internaute, qui en plus des tâches effectuées par les travailleurs du clic, permettent aux domaines du marketing et de l’entrainement de l’intelligence artificielle d’extraire les données produites par la masse des usagers.

En évoquant l’utilisation des données personnelles des internautes à des fins marketing, on fait également le lien avec la séance précédente.

A ce moment je fais un focus sur digital labor et l’ I.A: comment nous, internautes, participons à l’entrainement des Intelligences Artificielles en renseignant des Captchas (tests publics entièrement automatisés pour distinguer les ordinateurs des humains) par exemple. Mais aussi via des sites ludiques, comme Quick and Draw (propulsé par Google). Je leur présente alors le travail de l’artiste Albertine Meunier, et notamment de son travail intitulé IA Patatras! (en contexte normal une belle passerelle pour travailler avec les collègues d’arts plastiques)

L’effet de réseau: c’est en abordant cet aspect de la troisième strate qu’on en revient à la question des réseaux sociaux et de leur stratégie marketing (voir séance précédente) en évoquant les influenceurs / Youtubeurs / instagrameurs (rayer la ou les mentions inutiles).

On définit d’abord ce qu’est un influenceur: un influenceur est une personne, qui par son statut, sa position, son exposition médiatique, est capable d’être un relai d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing.

Je leur fais ensuite visionné des extraits issus des vidéos suivantes (attention, pour la première, ça pique les yeux mais c’est parlant)

Dossier: Influenceurs/influenceuses, un vrai métier?

Après avoir visionné cette première vidéo qui édulcore le sujet, je leur présente le compte Instagram « All the same kind« . On échange à propos de la notion de créativité de la part des influenceurs sur ce réseau social.

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Voilà, en 2019 / 2020, malgré le fait qu’une bonne partie de cette année fût inhabituelle, j’ai pu mener pour presque tous les groupes, la progression dans son entièreté. Il y a eu quelques évolutions par rapport au plan initial.

Je m’excuse de l’aspect un peu brouillon des dernières séances, où j’ai surement été un peu moins rigoureuse dans la forme et dans le fond.

Dans l’ensemble, je crois pouvoir dire que les élèves ont apprécié cet « enseignement ». La charge de travail était probablement plus lourde pour moi que pour eux. Mais le travail effectué cette année me servira de base pour les années à venir.

Je retourne en vacances pour une semaine avant le grand rush (de mon côté je reprends dès la semaine prochaine pour un master 2 MEEF EMI à l’INSPE de Toulouse 🙂 Contente je suis!

EMI 5ème Séquence 2, séance 2: la publicité sur les réseaux sociaux

Je profite du (presque) calme de la fin des vacances afin de publier les deux dernières séances de la progression EMI 5ème de l’année qui s’est terminée.

Elle a été présentée au mois de juin, dans le cadre particulier de la fin du confinement et du début du déconfinement, alors que le distanciel était toujours maintenu en parallèle de la reprise IRL pour des groupes d’élèves parfois très réduits (J’ai eu un groupe classe à… 2 élèves pendant plusieurs semaines!)

Les deux dernières séances (« le modèle économique des RS » et celle sur « les -nouveaux- métiers du Web »), mettent l’accent sur les réseaux sociaux.

J’ai une autre séance qui introduit ce qu’est un réseau social, qui ne mérite clairement pas un billet à part entière. Elle s’intitule « Un réseau social c’est quoi, ça sert à quoi? » qui reprend le format « Covid19 chez Doc à bord », c’est à dire une vidéo et une activité La Quizinière.

EMI 5ème SQ2 S2 Le Web espace de partage – les réseaux sociaux- partie 1
(excusez-moi pour la numérotation qui n’est pas du tout bonne)

Revenons-en à la séance en question.

Objectif: il s’agit de présenter le modèle économique des réseaux sociaux à travers son (ses) modèles(s) marketing. Cet aspect est abordé de façon généraliste, il s’agit d’une sorte d’introduction globale d’un bien vaste sujet. La séance ,ne présente pas un modèle pédagogique bien intéressant puis qu’elle a été construite dans le contexte particulier de cette année 2020. On verra bien sous quelle forme elle sera reconduite pour l’année à venir.

Cette séance se contente d’une vidéo que j’ai diffusé aux élèves. A ce stade j’ai complètement mis de côté une quelconque forme d’activités: la charge de travail entre le distanciel / présentiel était déjà suffisante pour que je m’ajoute des corrections. J’ai juste essayé d’introduire Pix sur le parcours autour de la compétence « 2.2 Partager et publier » (C’était non obligatoire et j’ai eu 22 participants pour 13 parcours terminés. Une grande réussite…)

EMI 5ème SQ 2 S2.1 La publicité sur les réseaux sociaux

Quand à sa présentation en présentiel… Et bien on dira qu’il s’agit d’une version en live de la vidéo ci-dessus, avec vidéoprojection. Pas de possibilité de faire manipuler les élèves via des outils numériques ou non, donc on se contente d’une bonne vieille présentation magistrale entrecoupée de (nombreux) échanges.

En tout cas, voici le plan de la séance:

  • A quoi sert la publicité? (Objectifs de la publicité)
  • D’une publicité de masse à une publicité ciblée

Pour ces deux premières parties, je reprends des éléments qui figuraient dans une précédente publication d’une progression que je proposais au niveau 6ème. Mais introduire la notion de publicité de manière globale me semble important (ces élèves là n’ont pas aborder la question avec moi en 6ème)

  • Nos données personnelles valent de l’or!
    • Traces involontaires (cookie) / traces volontaires / traces héritées
    • Comme support médiatique en présentiel, nous visionnons cette vidéo:
Comment j’ai attrapé un cookie ?

Je présente aussi (avec la capture vidéo de mon écran figurant dans la vidéo du cours) l’extension Light Beam pour Firefox.

  • Le modèle marketing sur les réseaux sociaux
    • Les vidéos de promotion sur YouTube
    • Le marketing d’influence sur Instagram: les partenariats rémunérés

Pour cette dernière partie, je me suis appuyée sur les séances issues du site Les Voyageurs du Numérique, et notamment de celle-ci (je crois qu’il faut être identifié pour la consulter) pour les exemples des vidéos de promotion sur YouTube. Les deux exemples vidéos utilisés pour YouTube sont ceux là :

LOUANE x MAYBELLINE : le making-of du clip COLORSHOW
LES TRAQUEURS DE ROBOTS – Horizon Zero Dawn

Concernant Instagram, de nombreux exemples de partenariats rémunérés existent sur la Toile et sur le réseau social en question directement. Nous revenons sur le modèle particulier d’Instagram et du placement de produit etc.. dans la séance suivante. D’autres exemples sont donc disponible dans le billet en question! J’avais aussi un peu évoqué le sujet lors de la séance sur l’impact environnemental du numérique.

Cadeau: quelques fichiers téléchargeables pour se lancer dans un bujo de prof doc!

Je sais, ce sont les vacances, mais entre deux périodes totalement off, je me penche sur mon bullet journal pour la rentrée prochaine et comme j’ai un peu plus de temps que de coutume, je me suis amusée à créer quelques petits « templates » que je mettrai dans mon carnet. Et du coup, je me permets de vous les partager ici.

Vous en ferez bien ce que voulez! En tout cas, le billet sera régulièrement mis à jour, avec de nouveaux fichiers (enfin régulièrement, c’est un bien grand mot, on dira plutôt de temps à autre)

Avertissement: les fichiers sont au format A4 et A5: pensez à bien régler les paramètres de d’imprimante pour une impression au format A5 😉

  • Page de garde
Page de garde 2020-2021 Version fleurie
Page de garde 2020-2021 version licorne
Page de garde 2020-2021 version livres
  • Page mensuelle
Page mensuelle septembre

  • Page hebdomadaire
Page hebdomadaire version fleurie
  • Pages de collection
    • Liste d’élèves

Retour d’une prof-doc confinée, en marge du déconfinement

Écrire un billet sur le confinement alors qu’on va bientôt amorcé la phase de déconfinement. Tant pis. J’ai envie de faire un petit bilan de ces dernières semaine et de mon état d’esprit à quelques jours de la réouverture des établissements scolaires.

La fermeture des établissements scolaires, annoncé le jeudi 12 mars pour le lundi 16 mars, m’a pris par surprise, un peu comme tout le monde je crois. C’est sûr que quand on a un gouvernement qui joue au yo-yo, qui dit un jour qu’il n’y aura pas de fermeture des établissements scolaires pour être contredit quelques jours après par le Président de la République lui-même… Bref, je ne m’étais pas forcément attendue à cette décision, et j’ai essayé de passer cette journée du vendredi 13 mars de la façon la plus « normale » possible, en suivant les recommandations de mon chef qui souhaitait éviter au max une ambiance anxiogène au collège. Je n’ai pas vraiment pu anticiper la mise en place de prêts élargis à grande échelle. Seuls les quelques élèves que j’ai pu voir cette journée en ont profité pour faire « le plein »… J’ai eu une séance avec les 5ème le matin, et la présentation des albums dans le cadre d’un prix lecture avec les ULIS et les 4ème Segpa a pu avoir lieu (gros soulagement, vu le temps qu’il nous a fallu, avec mes collègues et deux intervenantes de la médiathèque pour l’organiser…) Et puis j’ai entassé dans deux cartons des livres à cataloguer, un max de matériel à pouvoir apporter chez moi…

J’y suis finalement retournée le lundi après-midi (avant annonce officielle du confinement) pour prendre du matériel que j’avais oublié, et ranger un peu le CDI, notamment le chariot de retour.

Puis mon quotidien de prof doc confiné a commencé. Associé, comme pour certains d’entre nous, à l’école à la maison de ma progéniture. Une organisation à définir petit à petit, à adapter en fonction des réussites / échecs. Et forcément comme on est chez nous non stop il y a aussi toute la gestion de la maisonnée à prévoir et anticiper ( à 2 bien sûr, quand on est en couple). Qui n’a pas été distrait de ses tâches professionnelles par un regard porté sur une zone en bazar, sur la tâche qui est là depuis des lustres mais qu’on a soudainement envie de nettoyer – parce qu’on ne voit plus qu’elle -. Sans compter les interruptions de ses héritiers et les cris au moment où tu fais un enregistrement audio ou vidéo.

Ma première tâche de prof doc confinée a été d’adapter ma séance d’EMI en cours (présentée à 2 groupes sur 11 en présentiel) au format distanciel. Et en parallèle je me suis lancée dans une course éperdue à la sélection de ressources en ligne, comme beaucoup d’entre nous. Et envoyer un mail à mes collègues pour leur présenter cette ressource. Elle a du être tellement consultée, que les collègues proposaient certaines de ces ressources dans notre fil de mail. Au départ je dois dire que je l’ai eu un peu mauvaise ( à quoi ça sert que Ducros se décarcasse?). Avec du recul, j’ai arrêté de le prendre personnellement, sachant que chacun essayait de s’adapter comme il le pouvait, noyé sous des tonnes de messages d’élèves, de parents, de collègues …

Concernant cette sélection de ressources (sur Padlet): j’ai vite revu mes ambitions à la baisse. J’ai fait le choix de ne pas tout proposer, de faire un boulot de sélection qualitative avant diffusion. Par exemple pour l’offre de lecture gratuite en ligne (numérique / audio), j’ai décidé de ne leur proposer que des liens directs, sans création de compte ou autres identifications / inscriptions.

Pendant 2 semaines, j’ai aussi décidé de laisser mes élèves de 5ème tranquille et de faire une pause dans la diffusion des séances d’EMI, sachant qu’ils étaient surchargés par ailleurs. Au moins jusqu’à avoir des nouvelles sur une éventuelle prolongation ou non du confinement (Il faut dire qu’en zone C, on a eu la coupure « vacances » 3 semaines après). J’ai tout de même commencé à préparer la prochaine séance et je l’ai mise en forme et diffusée la semaine de la rentrée. Je pense que tous les élèves concernés ne feront pas l’activité. Tant pis… J’ai aussi fait l’effort de retranscrire la séance au format papier pour diffusion via le dispositif « devoirs a la maison » en partenariat avec La Poste. Je ne sais pas si ça a été diffusé (je pense que oui) et si j’aurai un retour de ces élèves…

Dès la deuxième semaine de confinement, j’ai aussi passé du temps à m’occuper de mon portail documentaire. Je lui ai donné une nouvelle jeunesse (merci les tutos PMB Normandie). J’ai pu prendre le temps d’exploiter les différentes possibilités, restructurer les rubriques. J’ai surtout pris le temps de réaliser des tutos vidéos autour de ce portail. Je dois avouer que je forme très peu mes élèves à la recherche sur le portail documentaire. De manière générale, il me permet d’effectuer des prêts / retours et je m’en sers en terme de gestion documentaire. C’était l’occasion parfaite de tenter ces vidéos tutos et de voir si elles touchent leur public. Elles ont été diffusées sur le compte Instagram du CDI, en IGTV (et sur la page FB). Je les ai également intégré sur l’ENT et elles trouveront aussi leur place sur le portail documentaire, dans une rubrique dédiée.

J’ai aussi essayer d’organiser la continuité d’un projet pédagogique d’éducation aux médias engagé depuis le début de l’année, avec l’intervention de deux journalistes. Gros gros fail: je n’ai pas eu de retour des élèves, ou très peu. Je ne peux pas leur en vouloir. Ils travaillaient en groupe, devaient pour la plupart réaliser des interviews sur le terrain et tout a été remis en question, en suspens… Je tente de sauver le projet, qui a été ramené sur la base du volontariat des élèves, mais je ne pourrais pas faire plus.

Et puis chaque jour (ou presque), je mets à jour le Padlet, je l’actualise en fonction des nouvelles ressources repérées et celles devenues obsolètes, je diffuse des informations sur les RSN du CDI (ouverts à l’occasion sans objection de mon chef, à savoir Instagram, Facebook et Twitter, ce dernier étant lequel où j’ai le moins d’abonnés élèves / parents / personnels du collège). Je fais un peu de catalogage (mais ce n’est pas ce qui m’occupe le plus. C’est assez aléatoire. Certaines semaines, c’était une à deux fois par semaine, et d’autres pas du tout). J’ai reçu quelques mails d’élèves, qu’ils concernent les séances en EMI ou des demandes plus globales.

Et maintenant il faut préparer l’après.

Je n’ai pas trop partagé ou publié sur la question du déconfinement au CDI: j’avais tellement peu d’infos officielles sur les conditions de reprises, sans même savoir si nous reprendrions ou pas, que je n’ai pas trop approfondi le sujet. J’ai lu ce qui a été partagé, venant de l’IFLA ou des initiatives de profs docs. Même si ces initiatives sont louables, une part de moi me disait que quand même, ce n’était pas à nous de réfléchir à ce protocole, nonobstant des réalités de terrain très différentes. J’ai pris des notes dans mon bujo pro, histoire de voir ce qu’ils serait possible de faire dans le CDI de mon collège, mais sans rédiger de protocole défini. J’attendais de toute façon des nouvelles de ma hiérarchie (à savoir ma direction, parce que je comptais pas sur la hiérarchie au-delà, et pour le moment je ne compte pas non plus dessus. A quoi bon, puisque tout à été délégué aux équipes de direction ou presque). J’ai eu quelques infos dimanche soir. Suite à ce mail de la direction, j’ai répondu avec mes suggestions en l’état des connaissances, dont voici un bref résumé:

  • Concernant les prêts / retours de documents
    • Retours de documents : je ne peux pas ne pas récupérer les documents. Je propose qu’ils soient récupérés dans les salles (dans une caisse dédiée) que je récupérerai afin de mettre les documents en quarantaine entre 4/5 jours avant désinfection de la couverture à l’alcool et remise en rayon. Le tout suivant les recommandations de l’IFLA ou de l’ABF.
    •  Prêt de documents : idéalement, il me semble que les documents ne doivent pas être prêtés afin de limiter au maximum les manipulations d’objets potentiellement vecteurs. Si toutefois le prêt de documents serait envisagés, j’imagine un système de « drive » avec réservation via le portail documentaire, et horaires de « RDV » pour les retirer.
  • Se posera inévitablement la question des manuels scolaires qui devront être rendus d’une manière ou d’une autre. Je ne pourrais m’acquitter seule de cette tâche, qui devra être partagée, probablement (les manuels ne seront pas manipulés, simplement déposés par les élèves à des endroits identifiés.) Il faudra donc plusieurs points de contrôle: vérification du bon nombre de manuel, d’un entrepôt correct etc… Je pense que les facturations pour manuels abimés seront annulées, sauf si constat d’un mauvais état indéniable au moment du retour. Les factures pour manuels non rendus / perdus seraient par contre maintenues. (Il faudra alors insister sur le fait d’avoir TOUS ses manuels le jour du retour – qui se fera forcement sur un temps beaucoup plus long que d’ordinaire- le jour des retours pour limiter les aller-venues pour un manuel oublié, comme c’est le cas chaque année). (Idéalement, j’aurai aimé de ne pas avoir à m’en occuper. C’est un combat que je n’ai pas encore remporté. Ça viendra 🙂 )
  • Concernant mon service:
    •  enseignement: bien entendu je maintiens mes séances en 5ème, en fonction des conditions qui nous seront présentées. Je peux me porter volontaire pour les heures d’études (HSE, comme pour mes autres collègues, sinon niet) afin de proposer des:
      •      activités pédagogiques autour de l’information (sensibilisations pédagogiques aux fake news et autres processus de désinformation )
      •      activités de lecture avec des lectures offertes : notamment pour les 6ème engagés dans le prix des Incorruptibles.
    •  gestion du CDI: je propose, en fonction de ma présence dans l’établissement pour mon service d’enseignement, d’en profiter pour effectuer des tâches de fin d’année,bien souvent chronophages, sans présence d’élèves (je serai la seule à avoir accès au CDI). Je pense notamment à la réalisation d’un inventaire. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en effectuer un, et avec le déménagement du CDI, il me semble que ce serait plus que nécessaire, afin d’avoir une vue sur le fonds documentaire de CDI, et mettre la base en conformité.

  •  Cependant, une partie du travail (autant pédagogique que de gestion) pourrait être effectué en télétravail, notamment lorsque je n’ai pas des séances prévues

Nous avons reçu hier une version du projet de protocole pour notre établissement, qui sera discutée et votée en conseil pédagogique virtuel mercredi matin. Il est à noter que l’occurrence CDI est bien plus représentée dans ce document interne que dans le document de protocole national (merci chef! Mon mail a été pris en compte). Le CDI ne sera pas ouvert aux élèves, je ne ferai pas de garderie (mais je sais que certain.e.s devront se méfier de cet abus qui se profile à l’horizon). Il n’y aura pas de prêts de documents. J’effectuerai mes séances pédagogiques dans les classes. Il est très probable qu’une partie de mon travail soit effectué en télétravail si je n’ai pas de séances justifiant ma présence au collège. Au moins un de mes deux enfants n’ira pas à l’école. L’école maternelle concernée ne rouvrira pas avant juin, voir septembre. Mon autre enfant n’ira probablement pas tous les jours à l’école non plus car un système de rotation des groupes semble prévu..

En tout cas, une chose est sûre: on navigue à vue… Chaque jour apporte son lot de modifications, de complications organisationnelles mais surtout des questions de plus en plus nombreuses. Sans que les réponses ne soient apportées.

Concernant les professeurs documentalistes, j’ai constaté le partage de nombreuses ressources, séances ou activités de confinement originales. Comme on sait bien le faire.
Et là, les textes fleurissent (protocole national, circulaire et autres fiches). Le CDI apparait une fois dans le protocole, relégué au paragraphe des activités sportives et culturelles, au côté des salles informatiques et des foyers, sans que même un paragraphe, aussi court soit-il ne soit dédié?

Et dans la circulaire relative à la réouverture des écoles et établissements et aux conditions de poursuite des apprentissages, parue le 4 mai 2020 et disponible ici: pas de mention du CDI et encore moins du prof doc. Dans les différentes fiches sur les attendus de fin d’année pour les classes de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème, pas de mention non plus. Je n’ai pas été voir pour le lycée.

Par contre, dans deux fiches spécifiques, à savoir Covid-19 et risques de dérives sectaires et Covid-19 et risques de replis communautaristes , j’ai relevé ce qui suit:

Dans le premier, Covid-19 et risques de dérives sectaires, il est précisé comme enjeu « Développer l’esprit critique des élèves pour mieux lutter contre la désinformation, les fake news, les rumeurs et les théories complotistes« , en « identifiant les techniques de communication » (réseaux sociaux, thèses complotistes…) ». Cette fiche propose comme activité pédagogique l’écoute de « L’émission de France inter intitulée « Rumeurs et fausses informations au temps du coronavirus » peut faire l’objet d’une écoute par les élèves, suivie d’un débat ou d’une demande de synthèse« , une séance d’EMC, ou encore  » un travail autour de la vérification de l’information et des sources » avec un lien vers le site académique d’HG d’Amiens. Mention du prof doc dans ce document ou le lien donné = 0.

Dans le deuxième, Covid-19 et risques de replis communautaristes, un des enjeux est « Lutter contre la désinformation, les théories complotistes, les rumeurs et les fake news sur le Covid-19 utilisées à des fins mercantiles et politiques » avec comme proposition d’activité pédagogique : « Renforcer l’esprit critique des élèves avec l’éducation aux médias et à l’information (l’EMI) qui participe à la prévention du complotisme à l’école, afin qu’ils réussissent à résister à la tentation d’une lecture du monde simplificatrice et aux vidéos de propagande qui circulent sur internet » Dans ce document, encore une fois, mention du prof doc = 0

Je dois avouer que je suis colère. De façon générale par le processus d’information des fonctionnaires de l’Education Nationale dans le contexte actuel. Bon nombre d’informations ont été diffusé par les médias et autres RSN sans que soyons informés par voie « officielle ». Sans parler du mépris dont certains ont pu faire preuve contre les enseignants. Je pense notamment à l’épisode des fraises qui serait risible s’il ne démontrait pas un mépris absolu. La réponse de com’ a été très bien ficelée: un tweet « vous êtes formidables » et une petite vidéo sur nos boites mails pour nous brosser dasns le sens du poil. Bien sûr ce n’est qu’un échantillon de tout ce que nous avons pu nous prendre en pleine poire depuis 7 semaines.

En tant que prof doc, je suis doublement en colère: pas de communication institutionnelle à notre égard, notamment dans le contexte de réouverture. Des collègues ont produit des documents protocolaires pour tenter d’y voir plus clair, les partageant de ci, de là, ce qui est très louable. Mais… Ne mérite-t’on donc pas d’avoir une information de cadrage, de positionnement spécifique. Et s’il n’est pas national ou moins académique. Parait que dans mon académie, la rédaction d’un protocole académique pour les CDI et les professeurs documentalistes est en cours mais je n’ai pas plus d’infos ni de nouvelles. J’ai vu d’autres documents protocolaires d’autres académies. Le prêt de documents est encouragé pour certains, pas pour d’autres. L’ouverture du CDI aux élèves dans le respect des consignes sanitaires est détaillé pour les uns et pas pour les autres. J’entends des collègues qui appréhendent de faire « garderie » puisqu’il a été annoncé que les élèves de collège seraient soit en classe, soit en « étude », soit en « activité physique ou culturelle ». La dérive CDI= étude est une inquiétude tout à fait légitime. On parle d’ouverture du CDI, mais quid de notre mandat pédagogique? Surtout au regard des enjeux et activités pédagogiques proposées dans les deux fiches précédemment citées? N’avons nous pas, encore une fois, montré notre expertise sur ces questions pendant ces longues semaines?

Je me réjouis cependant que la mention bibliothécaire / documentaliste qui figurait sur les versions projets du protocole national pour le primaire (???) et le secondaire ait été retiré de la version définitive. Bien sûr je nous inclus dans la catégorie « enseignant » et non pas « autres personnels », j’espère qu’il en va de même pour les rédacteur de ce texte.

Je vais m’arrêter là. Je m’excuse pour ce billet un peu décousu, pas très construit et qui a dévié vers un petit coup de gueule à la fin. Finalement, ça fait du bien.

En attendant prenez soin de vous.

EMI 5ème Séquence 2 séance 1 -Le Web, un espace de partage de connaissances: l’exemple de Wikipédia-

En cette période de confinement, j’introduis la deuxième séquence avec une séance en distanciel. J’ai laissé passer les vacances scolaires avant de l’envoyer à mes élèves.

C’est une séance qui me satisfait globalement vu le contexte. Mais en présentiel, il y a de fortes chance pour qu’elle évolue dans sa forme.

J’ai tourné mes première vidéos que j’ai déposées sur YouTube (je sais, c’est du GAFAM en pleine puissance, mais je n’ai pas trouvé mieux et surtout plus simple pour le moment), où je me mets en scène, chez moi. Pour cette vidéo j’ai tenté plusieurs choses, dont l’incrustation d’images dans la vidéo. Je ne suis pas Youtubeuse, j’ai tâtonné et bidouillé avec les moyens du bord. Soyez indulgents! Ça bafouille un peu par moment, mais au bout de 10 essai, j’ai arrêté d’essayer d’avoir la prise de vue parfaite. J’ai longtemps hésité à me filmer, mais je me suis dit que ça pourrait faire plaisir aux élèves et recréer un lien, de voir la prof, même par écran interposé.

Le cours en vidéo est complété par une activité en ligne, réalisée sur le site La QuiZinière édité par Canopé. C’est une bonne surprise, l’interface est simple d’utilisation et la diffusion auprès des élèves est également enfantine. Le gros avantage est la collecte des copies pour correction, et la diffusion de celle-ci. Et le respect du RGPD 😉

Je ne vais pas me lancer dans un descriptif trop détaillé, mais rappeler l’objectif de la séquence et de la séance, en exposer ses grandes lignes de fonctionnement.

Objectif de la séquence: appréhender le Web comme un espace de partage et de publication.

Objectif de la séance: découvrir Wikipédia: historique, principes, fonctionnement et problématiques soulevées.

Mise à disposition des élèves: dans le cadre de l’enseignement distanciel, la séance est mise en ligne sur l’ENT, dans l’espace classe (sous-rubrique EMI). Un message est envoyé à la classe (élèves + responsables légaux) sur l’ENT également, avec un lien direct vers le contenu de séance, dans l’espace classe.

Déroulement de la séance:

  • Introduction: les élèves sont invités à regarder une vidéo introductive. Dans cette vidéo, je fais un rappel du contexte de la séance et des séances précédentes. Dans un deuxième temps, je leur précise les modalités de l’activité: comment y accéder, renseigner son pseudo..
  • Une fois l’exercice effectué, ils n’ont plus qu’à cliquer sur le bouton « Envoi de la copie »!

J’estime la durée de la séance à 45 minutes max, temps de visionnage des vidéos compris.

Je leur donne une dizaine de jour pour réaliser l’activité. L’activité ne sera pas notée, et je vais me pencher dans les jours à venir sur des compétences du socle commun qui pourrait l’être.