#lecture #6ème Présentation de la sélection du prix des Incorruptibles CM2 / 6ème 2018-2019

Au collège, toutes les classes de 6ème participent au prix des Incorruptibles. C’est une action inscrite au PEAC, déjà en place à mon arrivée il y a 3 ans.

Les profs de lettres sont autonomes dans l’organisation au sein de leur classe, mais je leur propose des séances en co-enseignement si besoin est (pour la forme), ainsi que la première séance de présentation des ouvrages de la sélection (je l’impose presque).

De façon générale, pour cette présentation, je cherche à mettre en place une situation de résolution de problème. En gros, pour chaque livre, nous (adultes) choisissons un extrait, auquel nous associons un objet. Jusque là, on (adultes) lisait les extraits en fonction de l’objet désigné par les élèves et ils devaient ensuite associer chaque objet à un des livres de la sélection.

Cette année j’ai apporté quelques modifications, afin que les élèves soient actifs durant toute la séance et non plus passifs pendant la phase de lecture par l’adulte.

Voici donc ce que je leur ai proposé, en fonction de la sélection CM2 / 6ème de cette année.

La séance a été menée en classe entière (2 classes), au CDI (1 classe) ou en salle de classe, en 1/2 groupe au CDI (une classe), et en plein air lors du séjour d’intégration (1 classe + 6ème segpa répartis en 2 groupes. Là, c’était la classe)

A / Association extraits / objets

  1. Les élèves sont répartis en 5 groupes (ou plus). On leur remet une pochette contenant les 6 extraits avec un code couleur par équipe.
  2. Lecture des extraits au sein du groupe (ils se répartissent généralement les lectures)Lecture des extraits
  3. Lorsqu’ils pensent avoir trouvé une association, ils déposent l’extrait (face visible contre la table) sous l’objet.instasize_181013180136
  4. Lorsque tous les groupes ont réparti leurs extraits, on fait le bilan et je leur apporte la solution si une association n’est pas la bonne. Je leur lis parfois un passage de l’extrait pour confirmer ou infirmer l’association qu’ils ont proposé.

B / Association objets / livres

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  1. Dans un deuxième temps, ils se concertent au sein de chaque groupe afin de décider de l’association objet / livre.
  2. En fonction du contexte (groupe classe ou 1/2  groupes) ils désignent un élève par groupe ou se lèvent tous pour placer les livres à côté des objets associés.
  3. Une fois que les objets sont placés, je leur laisse éventuellement un deuxième temps de concertation si de nombreux objets ne sont pas associés au bon livre.
  4. La séance se poursuit par un petit résumé oral de chaque livre, par le collègue de Lettres ou moi-même et un petit sondage du / des livre(s) de la sélection qui les attire le plus
  5. Enfin le professeur de Lettres explique les modalités de prêt des livres qui sont présents dans la bibliothèque de la classe.

Autant la première partie ne leur pose généralement aucun soucis, autant il y a davantage de mauvaises associations sur ce deuxième temps.

De façon générale, les élèves apprécient cette séance de présentation (on a toujours un choupi-élève qui nous dit « C’était trop bien madaaaaaaame »)

De mon côté, je préfère ce format au précédent, mais je vais devoir le faire évoluer davantage en pensant à:

  • Développer davantage la collaboration au sein des équipes, et celle entre les groupes durant la deuxième partie.
  • Favoriser une lecture approfondie des extraits, en augmentant le degré de difficulté d’association extraits / objets?
  • Introduire des outils numériques?
  • Concevoir une séance s’inspirant des escape game?

 

Annexe: Les objets et extraits

Pour infos, voici les objets et les extraits que nous avons sélectionnés pour chaque livre de la sélection

  • Le peuple du chemin de Marion Achard : un hélicoptère playmobil. Extrait: p.53 à 57
  • La saveur des bananes frites de Sophie Noël: un avion playmobil. Extrait: p.34 à 37
  • Baby-Sittor d’Isabelle Renaud: un saucier indien. Extrait: p.111 à p.119
  • Les compagnons de la cigogne Tome 1 de Sophie Humann: une boite renfermant des cigares (objet perso) Extraits: p.24 puis P.58 à 59, puis p.104
  • Megumi et le fantôme d’Eric Senabre: une boite à biscuits en métal. Extraitsp.49 à 51 puis p.60 à 65 (montages d’extraits sur ces 5 pages)
  • Ruby tête haute, d’Irène Cohen-Janca, illustrations de Marc Daniau: une casquette « Police ». Extrait: p.12

 

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#septembre2018 On the road again

Avec un peu de retard, je reviens sur les dernières semaines du mois de septembre.
Je ne sais pas vous, mais je n’ai pas vu passer ce premier mois . C’est en général un mois assez chargé: manuels scolaires, gestion des projets mis en place en fin d’année, mise en place des nouveaux etc…

Le salon du livre

Ici, le gros dossier du mois de septembre est l’organisation et la coordination du salon du livre. Dans le cadre du PEAC, toutes les classes de 4ème reçoivent un auteur au sein du collège. Cette année, nous recevons donc Insa Sané, Catherine Grive, Florence Cadier et Claudine Aubrun.  En fin d’année, j’avais récupéré dans les CDI voisins des ouvrages de ces auteurs, passer une commande pour le CDI et répartis les auteur entre les différents collègues ayant en charge les classes de ce niveau. Courant septembre, j’ai récupéré des exemplaires supplémentaires à la médiathèque et distribués les documents entre les différents enseignants. Puis j’ai envoyé de nombreux mails: à l’organisatrice / médiatrice du salon pour caler les horaires d’intervention, aux collègues pour les informer également de ce planning et les encourager à me solliciter pour la préparation de la rencontre (il faut avouer que cette étape est souvent bâclée car les délais sont courts, mais j’ai tout fait pour anticiper en fin d’année… sans véritables résultats). Puis de longues minutes passées dans le bureau du principal adjoint pour gérer les incidences sur les emplois du temps des classes et des autres professeurs, chercher des salles dispos. Puis re mail aux collègues de français pour leur communiquer les salles et autres collègues impactés par ces changements. Comme je vais jouer au taxi, il a fallu aussi que je contacte les auteurs pour les informer de l’heure à laquelle je viens les chercher. Et puis il faut aussi organiser l’auberge espagnole, histoire qu’on ne se ramène pas tous avec une quiche ou un gâteau….

Tout ceci devient une habitude au bout de ma troisième rentrée dans ce collège. Mais il y a eu un évènement quelque peu…. embarrassant, frustrant et qui m’a un poil mise en rogne…

Explication: quand j’ai su, au mois de mai, qu’Insa Sané serait potentiellement présent au salon, j’ai directement placé une option. Et comme chaque année, je soumets la liste des auteurs susceptibles d’intervenir au collège pour consultation. Comme vous pouvez vous en douter je n’obtiens généralement aucune réponse hormis le fait de me débrouiller car la littérature jeunesse c’est pas leur truc. Insa Sané a de suite été retenu par ma collègue de Segpa. Il restait donc une intervention pour une classe. Au moment de la répartition toutes étaient potentiellement intéressées mais une collègue a remporté la mise (… « Je connais, j’ai déjà lu etc etc » ….). Je commande donc mes ouvrages, leur fait passer pour l’été, et v’là que la dite collègue vient me voir pour me faire part de sa stupeur sur le vocabulaire employé (gros mots etc…) et des passages un peu crus. Je n’avais lu que Sarcelles Dakar et Tu seras partout chez toi. Je décide donc de lire le roman incriminé (Du plomb dans le crâne) et en effet les premières pages sont… plutôt hot. A la rentrée, je lui propose donc de ne pas proposer certains de ses titres aux élèves. On reste sur Sarcelles Dakar, Tu seras partout chez toi et éventuellement Daddy est mort et Les cancres de Rousseau. Quelques temps après la répartition des livres dans la classe, une maman d’élève a fait part de son mécontentement sur les lectures proposées à sa fille, en évoquant les premières pages de Sarcelles Dakar, où on trouve « un vocabulaire châtié » et une « mauvaise représentation de la femme » entre autre… Ma collègue a répondu à la maman, en allant « dans son sens » et en reportant plus ou moins la faute sur les organisateurs du Salon…. Je dois avouer que j’ai été assez scotchée par ce courrier, et par la réponse apportée. Puis, en colère, car ma collègue a utilisé le « nous » en m’incluant dans sa réponse. Mais elle ne m’en a pas fait part (je n’ai eu la dite lettre qu’une fois qu’elle a été transmise à la maman et à l’équipe de direction) et ne m’a pas inclus dans la rédaction. Sans vouloir être réac’, il me semble que soit on écrit une réponse individuelle en utilisant le « je » ou alors on construit le courrier à 2 quand on y inclut une autre personne… De plus, je ne suis pas d’accord avec les arguments de sa réponse, qui ne correspondent pas à mes convictions, ni à mes valeurs…. Insa Sané, malgré son style d’écriture est un artiste à part entière, et je suis fière de le recevoir au collège. Après cet épisode, je dois quand même avouer avoir douté.. Et si j’avais merdé? Et si j’avais fait un mauvais choix? J’ai donc cherché des témoignages de collègues prof doc ayant reçu cet auteur, et leurs réponses m’ont rassurées et permis de prendre un peu de hauteur par rapport à cette histoire (oui c’est un écrivain au style urbain, on trouve un vocabulaire parfois cru et ses personnages ont parfois une image rétrograde de la femme, mais il y a un style d’écriture, une narration où le côté misogyne est souvent déconstruit au fur et à mesure du récit… Ce style d’écriture n’est donc pas gratuit et a donc une finalité). Bref ce fût ma grosse frustration de ces dernières semaines, et j’ai hâte d’être à vendredi!

Manuels scolaires

Un autre point qui m’a occupée pendant ce mois de septembre. J’ai nommé les bons vieux manuels scolaires. Comme beaucoup d’entre nous, je gère le dossier à 90%, voir 95%. Je prends sur moi chaque année. Mais des fois il y a une goutte d’eau qui fait déborder le vase et ici elle concerne les manuels numériques. Les licences acquises avec le renouvellement papier  arrivent pour certaines à expiration et je suis sollicitée pour les reconduire. Dans ce cas, il faut contacter les éditeurs pour obtenir une prolongation de la licence des manuels profs puis s’accorder avec le référent numérique pour l’intégration sur l’ENT. Mais ça ne fait pas partie de mes missions (je suis déjà bien gentille de m’occuper de la distribution / restitution) et un mail de trop et je suis montée dans mes tours (c’est la même rengaine chaque année). Ni une ni deux j’ai envoyé un mail à mon principal et à l’adjoint gestionnaire faisant état de ma lassitude à ce sujet, et du fait que je souhaitais être rétribuée via une IMP pour cette mission « particulière » ou bien qu’il fallait songer à une autre répartition des tâches qui me mettrait hors circuit sur ce dossier. Pas de solutions à mon problème, mais j’ai été entendue et j’attends de voir la suite.

Le Cagibi CDI et le futur CDI

Si vous avez suivi, vous avez compris que je suis dans un lieu de transition dans l’attente de la livraison du futur CDI. Cette livraison devait avoir lieu en janvier. Mais les travaux….

En montant sur le chantier un lundi avec le prof de techno pour parler câble avec l’électricien (ils étaient partis pour m’installer les ordis à l’autre bout du CDI) j’ai appris qu’il y avait du retard dans les travaux. Retard confirmé par mon principal qui était bien désolé. J’ai légèrement déprimé le reste de la journée… Et puis parce qu’il faut bien rebondir, je me suis fait une raison. J’ai demandé un ré-aménagement du CDI provisoire afin de le rendre un tant soit peu plus agréable et fonctionnel en attendant le saint Graal. En attendant j’ai déposé mes devis pour du mobilier / matériel qui devraient être acceptés (dont des tables sur roulettes et rabattables pour pouvoir créer des espaces de travail modulables). Quand j’ai un coup de mou, je regarde les plans de mon futur lieu de travail…  Et j’espère que mon RDV de carrière aura lieu dans ce nouveau CDI (j’avais déjà demandé à ce qu’il est lieu après janvier, et je n’ose pas demander à ce qu’il soit éventuellement repousser encore une fois. D’autant que le retard peut encore être prolongé pour une durée indéterminée)

Et la péda dans tout ça?

Pas grand chose de ce côté… De toutes façons il est très difficile d’accueillir une classe entière dans ce CDI. Je suis tout de même intervenue dans quelques classes pour préparer la venue des auteurs avec UNE collègue, j’ai présenté la sélection des Inco CM2/ 6ème à quelques classes de 6ème. Deux intervention avec les 3ème Segpa et ma collègue de HAS (CV, création d’adresse mails, présentation du site de l’ONISEP)

Et sinon

J’ai accompagné des élèves de 6ème à leur séjour d’intégration. Et c’était chouette! On a fait une randonnée et visité un village fortifié magnifique, organisé un cache cache nocturne… L’an prochain je me porte à nouveau volontaire!

 

#semaine1 Et c’est parti!!!!

Voilà, une nouvelle année commence et je vais essayer de reprendre un peu plus du service par ici. Et pourquoi pas tenter le semaine après semaine (j’admire Petite noisette pour sa régularité sur ce point)

Cette année est pleine de renouveau: nouveau chef, nouveau CDI (qui sera livré en janvier si tout VA BIEN). On ajoute à cela mon premier rendez-vous de carrière (espérons juste que ça ne tombe pas pendant le déménagement, l’idéal serait encore que je sois installée dans le beau CDI).
C’est donc ma 3ème rentrée dans ce collège, et je pense que ce ne sera pas la dernière. Depuis mon billet sur le bilan de ma première année, les choses ont plutôt bien évolué l’an dernier. J’ai repéré les collègues avec qui travailler en collaboration, j’ai pu voir les élèves en séance (seule ou pas) de façon plutôt correcte, malgré un CDI provisoire plutôt minuscule et il faut le dire, très très TRÈS moche.

Commençons donc par le bilan de cette première semaine, au jour le jour:

  • Vendredi 31 août: la reprise. Mais je suis plutôt contente de reprendre après ces deux mois de congés, car je sais que cette année sera plus sereine que les deux précédentes. Je crois que le fait de me détacher un max des évènements toxiques qui s’y sont déroulés m’ont aidé à prendre de la hauteur et à ne pas me laisser affecter par une certaine ambiance morose. Je pars donc, talons au pied (ben ouais, c’est un des seuls jours où je peux me le permettre, après ce sera plutôt tennis et chaussures plates vu le marathon quotidien), gros cabas remplis de mes lectures de l’été. Je pars un peu en avance, projetant de faire une halte au CDI pour poser mon bazar, imprimer deux / trois docs avant de rejoindre les collègues. Et là, c’est le drame. Les ouvriers ont refait les menuiseries de mon CDI-Cagibi. C’était pas prévu (ou en tout cas je n’étais pas au courant). Ils ont donc déplacer mon bureau, mon meuble à périodique, le bac à BD, un meuble info et tous les documents qui étaient dessus au centre du CDI… Et la poussière, et le bazar…. J’ai hésité à pleurer. Finalement j’ai respiré un grand coup (lancé un gros mot au passage histoire de) et j’ai fermé la porte avant d’aller boire un café. Je ne reviendrai pas sur la réunion de pré-rentrée, car c,’était les banalités traditionnelles de cette journée.

 

  • Lundi 3 septembre: jour de rentrée des 6ème. Le CDI est toujours en l’état. Je délocalise donc en salle des prof, espérant que le réseau soit toujours là. Tout va bien, j’ai même accès à internet. Quel luxe! Je m’attelle à la constitution du planning pour la distribution des manuels scolaires (oui je sais, mais ce point va être une de mes préoccupations majeures de l’année). Mais voilà: quand est-ce que je commence? Les manuels sont stockés au CDI, et en l’état, je refuse d’y mettre les pieds, ni même qu’un élève franchisse le palier. Me voilà donc à courir après le gestionnaire, que je ne trouve pas ou alors déjà occupé. Je réalise un premier planning pour la fin de la semaine, mais bon quand même demain je fais quoi??? J’arrive à mettre la main sur mon adjoint. Sympa, il appelle les gestionnaire et on m’assure que ce sera fait pour le lendemain mais que les agents sont quand même un poil débordés (tu m’étonnes, les travaux ont laissé des traces partout, le nouveau self et les nouvelles cuisines seront inaugurées le midi même etc…). Je revois donc mon planning pour commencer dès le lendemain (histoire que cette corvée soit vite évacué). 1(h arrive, j’hésite et je retourne au CDI, pour voir (c’est beau de croire au père Noël). Et comme vous pouvez l’imaginer, c’est toujours pareil. Me voilà donc manches retroussées à remettre en place ce que je peux faire avec mon petit gabarit (petite oui mais costaud quand même): je remets mon bureau en place, la table info, les romans historiques qui étaient posés dessus, deux ou trois autres bricoles. Mais par principe je ne touche pas au bac à BD et au meuble à periodique. Je me connais, je pourrais y arriver, mais mon dos et mes épaules risquent de me le faire payer cher. Un petit coup de plumeau pour enlever en surface la poussière, regroupement des poubelles (les ouvriers sont méga sympas, ils m’ont laissé leurs déchets) et je repars en passant par le bureau du gestionnaire. Deux agents sont là, j’en profite pour leur dire ce qu’il reste à faire, en râlant un peu contre les ouvriers qui auraient pu (du?) le faire et en m’excusant quand même pour la surcharge de travail. Mais j’ai de la chance, chez nous les agents sont sont au top.

 

  • Mardi 4 septembre: praticable ou pas praticable mon CDI? Je ne me stresse pas trop. Au pire, je serai au chômage technique et j’irai déconner avec mes collègues en salle des prof. Et bien, en ouvrant la porte je retrouve mon antre, rangée, propre et à nouveau accueillante (enfin en le disant vite, parce que c’est quand même toujours moche, ça j’y peux rien). Et voilà que c’est parti pour la valse de la distribution des manuels scolaires au 5ème, 4ème et 3ème. Je suis contente de revoir les élèves (j’ai retenu 80% des prénoms, c’est pas mal), il y a des petits nouveaux. Et puis je me marre un peu quand même: je me suis mariée en juin et j’ai donc changé de nom. Certains ont pris peur en remplissant le carnet. « De quoi, comment???? Mme N. est partie???? » « mais c’est un scandale, on a pas été prévenu!! » « Et c’est qui celle là, Mme G.? ». Et mes collègues, ces coquins n’ont pas démentis jusqu’à leur arrivée au CDI. J’ai été amusée par leur soulagement (et leurs félicitations). Un peu de mise à jour sur ma base PMB (écrasement des prêts en cours avant l’import de la nouvelle base à venir, mise à jour de mon bulletinage automatisé, bulletinage des magazines reçus cet été…). Bref la journée est passée vitesse grand V. J’ai été déjeuner dans notre nouvelle salle de restauration, observer les élèves qui s’émerveillaient de la beauté du nouveau self, et j’ai eu une pensée pour le CDI qui était là, sous mes pieds, quelques mois auparavant, et ce depuis l’inauguration du collège dans les années 70. Mais pas de nostalgie parce que bon, ces travaux, même s’ils sont longs et chiants, sont salvateurs et indispensables.

 

  • Jeudi 6 septembre: matinée passionnante de distribution des manuels scolaires. Rien de bien passionnant. Si, il a fallu jouer encore un peu au déménageurs bretons et replacer les fauteuils du coin lecture. Courir après le gestionnaire et les agents pour faire déplacer une étagère afin de pouvoir accueillir les élèves. J,ai pris le temps de bulletiner les périodiques reçus pendant l’été et de paramétrer le bulletinage automatisée de 90% de mes abonnements sur PMB. Me manque le vocable espagnol, mais c’est la valse des dates de parution et j’ai lâché l’affaire. Si d’ailleurs vous avez la solution, n’hésitez pas à partager. J’ai également commencer à remplir mon nouveau carnet « bullet journal ». Après 3 jours de test du classeur, j’ai abandonné pour repasser au format carnet, A5 cette fois. Le classeur est trop encombrant, et ce format est bien plus facilement transportable que mon ancien carnet A4 (de toutes façons, à ce format, je n’ai rien trouvé qui me convenait).

 

  • Vendredi 7 septembre: un dernier créneau pour la distribution des manuels. A la récré du matin, des réclamations de ci de là des élèves: les parents étaient mécontents de l’état de certains manuels distribués, d’autres aveient des pages manquantes, déchirées ou écrites dans le leur. Qu’à cela ne tienne je leur ai gentiment proposé d’aller choisir dans le stock un autre manuel. J’ai passé l’essentiel de ma journée à continuer le travail de re-cotation des documentaires (entamé en fin d’année) afin d’uniformiser le tout. J’en reparlerai, mais le déménagement à venir est l’occasion de le faire, au fur et à mesure, en adaptant le plan de classement au CDI et au fond et le rendant visuellement plus fluide et attractif. J’ai pu ouvrir le CDI dès midi aux élèves et je crois qu’ils étaient plutôt content de pouvoir se ré-approprié les lieux. (même s’ils se font toujours timides au départ, ou alors c’est parce qu’ils profitent du beau temps pour se raconter les vacances dans la cour de récré)

Et voilà comment la semaine de la rentrée passe à une vitesse folle. Et pourtant les projets à venir se mettent en place et les semaines à venir seront chargées! En tout cas, ça y est, on y est. Et les vacances sont bel et bien terminées!

J’espère que votre première semaine s’est bien passée et que votre année s’annonce clémente pour les profs docs que nous sommes!

Un bullet journal de prof doc?

Voilà deux ans que je me suis lancée dans l’aventure bullet journal à titre personnel. Pour info un bullet journal (ou bujo) est un système d’organisation personnalisable, créé sur mesure par son propriétaire. Plus flexible qu’un agenda classique, il permet de s’organiser entre tâches perso / pro à l’échelle quotidienne, hebdomadaire, mensuelle ou même annuelle. Ce système d’organisation a été inventé par Ryder Caroll et dans notre monde numérique, il ne nécessite qu’un carnet et un stylo!

Je me suis vite demandée si dans le cadre de ma profession, ce ne serait pas intéressant de le décliner. J’ai donc décidé de tenter l’expérience en fin d’année scolaire 2017 et j’ai mené la suivante entièrement avec ce système d’organisation.

Je viens ici vous montrer un petit peu ce que ça donne, et l’évolution sur ces quelques mois. Je pense avoir trouvé une organisation qui me correspond plutôt pas mal et je compte bien réitérer dès la rentrée qui arrive!

Le matériel:

Pour ma première expérience j’ai trouvé dans les tréfonds des tiroirs du CDI un vieux cahier grand format, à petits carreaux et à couverture rigide. Il a très bien l’affaire pour cette première expérimentation.

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L’an dernier, amoureuse de beaux carnets, j’avais choisi un grand carnet au format A4 de chez Moleskine, avec une belle couverture vert sapin. Petits carreaux, pochette à soufflets à la fin, et lien élastique pour le garder bien fermé (celui là même qui illustrera ce billet).

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Pour la rentrée 2018, j’ai voulu le même carnet mais va savoir pourquoi, son prix a doublé, et après des recherches de produits similaires et ne sachant pas pour quel carnet opté, j’ai choisi de le tenter en version classeur. Je me dis que la modularité sera davantage possible, je pourrais directement perforer et inclure les documents importants sans avoir besoin de les couper pour ensuite les coller, les faire migrer d’une année à l’autre etc…… (j’essaie encore moi-même de me persuader de ce choix! )

Le contenu

Outre le fait que je me peux me faire plaisir en terme de créativité et de déco de mon carnet, je peux surtout agencer mes semaines de manière personnalisée. En effet, avec un agenda traditionnel, j’avais soit peu soit trop d’espace d’écriture en fonction de la charge de boulot de mes journées. Les horaires pré-établis ne correspondent pas forcément aux séquences définies par le collège. De plus, la plupart des agendas conçus pour les enseignants le sont pour les profs de discipline, ce qui ne correspond pas forcément à celui de professeur documentaliste. Et comme on le sait, on ne bosse pas tous de la même façon, et personnellement j’ai vraiment besoin de cette modularité dans cet outil de travail.

J’ai pu insérer dans mon bujo pro les documents indispensables: calendrier scolaire avec les semaine A / B, les horaires de sonneries, la liste des profs principaux etc… (en général ils finissent par trainer un peu partout et quand je les cherche, ben je les trouve plus).

J’ai également créé une page « recherches documentaires » qui me permet de lister les recherches données par les professeurs, avec la/les classe(s) concernées, le /les  professeur(s) responsable(s) du travail, le sujet de recherche, le travail demandé, les dates de restitution et si le CDI a été proposé comme lieu de ressources (ce n’est pas toujours le cas!). Je dois avouer que ce tableau est pour moi précieux, mais peu nombreux sont les collègues qui m’informent de ces travaux (malgré mes nombreux rappels par mail, affichage, hibou postal ou pigeon voyageur…. mais ce n’est pas le sujet). Cette année j’ai un peu testé le truc, en recréant le tableau parfois chaque mois, parfois non…. Vu qu’une recherche peut courir sur deux mois ou plus, ou à cheval, le tableau mensuel n’est pas pertinent. L’avantage du classeur, c’est que je vais pouvoir faire migrer le tableau de mois en mois.

En vrac, et parce que ces documents ajoutés sont très personnels à notre pratique professionnel, j’ai eu aussi ajouter les fiches de  travail qui ont pu être données aux élèves dans le cadre d’une recherche, les fiches données par les enseignants avec consignes, délais etc…. (Encore une fois, le classeur sera, je pense, avantageux à ce niveau là).

On peut également ajouter ce qu’on nomme les « collections » dans son bujo: ici j’avais des pages dites de « collection » pour le suivi de mon budget et mes abonnements aux périodiques (je sais qu’on peut faire ce suivi sur son logiciel documentaire, mais j’aime bien avoir cette trace visuelle papier, et cette année ce n’était clairement pas ma priorité sur PMB). Bref, encore une fois, c’est modulable à souhait!

Voici un petit aperçu d’extraits choisis due mon bujo 2017-2018!

Je crois bien que plusieurs collègues ont opté pour ce système d’organisation. De mon côté, c’est adopté. Je précise quand même que c’est à la base un système d’organisation qui ne doit pas être trop chronophage! Donc on peut aisément se passer de fioritures décoratives pour aller à l’essentiel! L’idéal de base étant à mon sens une page de calendrier annuel, et ensuite une vue mensuelle à chaque début de mois. Ensuite on fait semaine après semaine (le but du bullet journal est de réaliser ses pages au fur et à mesure).

Du coup vous vous posez, là de suite, la question suivante: comment je peux avoir de la visibilité sur mes semaines à venir, qui même à long terme se remplissent vite? Deux possibilités: avoir un système de « futur log » (vue anticipée des mois / semaines à venir) ou comme j’ai fait l’an passé: un agenda du commerce de base (un petit suffit) pour noter les séances, réunions, autres et les reporter ensuite de façon hebdomadaire.

Et comme ça fait bien longtemps que je n’ai rien partagé ici, je vous propose cette mise en page hebdo pour la première semaine de la rentrée (format pdf ou ..docx pour être modifié, mais la mise en page peut bouger si vous n’avez pas le même logiciel de traitement de texte que celui que j’ai utilisé,  à savoir word)

Semaine du 3 au 9 septembre 2018

Lu, L’ingrédient secret du bonheur de Laurel Remington

Premier roman de Laurel Remington, L’ingrédient secret du bonheur, paru en juin 2017 en France (Chez Casterman), a remporté le concours d’écriture du célèbre journal The Times et de la maison d’édition Chicken house en 2015.

Scarlett, jeune adolescente anglaise, vit mal le fait d’être le sujet principal de sa blogueuse de mère. Elle a délaissée toutes ces activités extra-scolaire, s’est éloignée de ses amies pour limiter l’inspiration de sa mère la concernant. Jusqu’au jour où le chat de sa vieille voisine, Mme Simpson, miaule de solitude suite à l’hospitalisation de sa maîtresse, et que Scarlett entre dans la maison et découvre la cuisine spacieuse de la maison d’à côté… Une passion nouvelle fait son entrée dans la vie de la jeune fille et dans celle de ses amis Violet, Gretchen, Alison et Nick…

Un roman de vie quotidienne de 336 pages, à partir de 10 ans qui plaira probablement aux collégiens.

Il était dans ma PAL depuis quelques semaines, et après avoir terminé mon dernier bouquin, je l’ai joué à la plouf et j’ai sélectionné celui-ci. Je dois avouer que la couverture un peu « girly » ne m’attirait pas plus que ça… (Je n’ai pas lu la série Les filles au chocolat, pourtant plébiscitée par mes élèves) et c’est à ça que m’a fait pensé le livre en lui-même.

Et je dois dire que j’ai bien fait, puisque j’ai été agréablement surprise et plutôt convaincue.

La thématique de l’exposition de l’intime sur le web est ici inversée puisque c’est l’adulte qui dévoile la vie de son enfant. Et Scarlett en est gênée. Cela lui déplait fortement et elle change petit à petit ses habitudes, son caractère, ses activités pour devenir insignifiante aux yeux de sa mère et de ses amis. Elle-même n’est pas autorisée au départ à être sur les réseaux sociaux que sa mère maîtrise à la perfection. L’auteur aborde aussi l’importance que peuvent prendre les réseaux dans la vie quotidienne, quand on ne vit plus que pour ses followers sans prendre conscience de ce qui se passe IRL. Et la souffrance qui en découle pour les proches (bien que ce point aurait pu être un peu plus développé?). Ma mère préfère t-elle ses followers à ses enfants? On imagine à quel point la situation doit être pesante pour le personnage principal…

Et puis, ce roman a un côté gourmand, qui donne envie de dégainer les fouets et les saladiers de ses placards, de remuer, touiller, lécher les plats de chocolat fondu… Bref un roman qui met l’eau à la bouche, qui titille les papilles et qui nous fait découvrir des recettes anglo-saxonnes, que personnellement je ne connaissais pas. Et puis la cuisine de Rosemary me vend tellement de rêve que je voudrais bien la même! J’avoue que j’ai fait un fondant au chocolat en suivant… (D’ailleurs mine de rien, je vous glisse la recette dans la photo ci-dessous. Ne me remerciez pas c’est cadeau). Rien de bien impressionnant en comparaison des recettes citées dans le roman, mais mes placards ne sont pas aussi remplis que ceux de Rosemary. M’étant un peu renseignée sur l’auteur, on me souffle dans l’oreillette qu’elle et ses trois filles seraient amatrices de pâtisseries. Ceci expliquerait donc cela…. D’ailleurs j’aurais bien apprécié un petit cahier annexe avec les recettes du roman, un peu sur le modèle de ce fameux cahier de recettes entièrement manuscrit qui donne de l’inspiration à nos pâtissiers en herbe! Et comme la vie n’est pas faite que de douceurs sucrées, Scarlett et ses amis cuisinent également de bons petits plats salés, qui font saliver….

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Et que dire du personnage de Rosemary Simpson…. Je crois que c’est le personnage que j’ai préféré. Cette vieille dame d’apparence si fragile, qui refuse les maux de la vieillesse et les souffrances qui vont avec. Qui accepte, malgré les souvenirs douloureux, de replonger dans la cuisine pour transmettre son savoir à ces jeunes personnes motivées. Les relations intergénérationnelles, d’entraide, sont plutôt intéressantes.

On a aussi un petit côté suspens avec le neveu de Mme Simpson: que veut-il? Quel est son objectif? Veut-il se débarrasser de sa tante? Ses intentions sont-elles si honorables qu’il le prétend? Je n’en dirai pas plus, mais si ce roman vous passe un jour entre les mains, n’hésitez pas. Et si vous êtes de nature plutôt gourmande foncez!

Un deuxième tome est sorti en version originale, nul doute qu’il aura également droit à sa traduction française 🙂

Je pense qu’il rejoindra bientôt les étagères du CDI et que pour l’occasion il aura droit à sa petite table thématique, entouré des quelques livres de cuisine que je possède au CDI! (D’ailleurs je vous conseille vivement, si vous ne les connaissez pas, les livres de la collection World Cook de chez Mango Editions, qui sont vraiment bien fait! )

 

 

Réalisation d’une brochure touristique en 4ème

Avec deux collègues d’histoire-géographie de 4ème, nous avons proposé aux élèves de 3 classes de 4ème de réaliser une brochure touristique  (activité proposée dans le manuel histoire-géographie EMC Hatier 978-2-401-02012-2 p.266) .

Ce travail de recherche et de production de contenu documentaire a été décidé très vite, d’une semaine pour l’autre. En terme de temps de séance, je dispose d’une « séance »  avec l’ensemble des élèves (réparti en demi-groupe et sur des heures d’études, avec information via le carnet de correspondance) et probablement d’un ou deux autres  à la rentrée des vacances d’hiver, sur le temps d’étude, mais qui n’auront pas de caractère « obligatoire » (ils seront prioritaires sur leur temps d’étude)

Ici il s’agit donc d’une activité dont l’objectif est de réaliser une brochure touristique à destination de touristes chinois, pour un séjour de 7 jours à Paris.

Les objectifs de mes collègues d’histoire-géo sont de suivre la consigne, savoir travailler en équipe (3/4), faire preuve de créativité. Ils doivent réfléchir à la catégorie sociale des touristes afin d’adapter les propositions revêtant un caractère financier (le transport, l’hébergement et la restauration, le coût des loisirs, visites et activités…)

Concernant l’aspect créatif et production finale,  pas de contrainte particulière, si ce n’est que le travail doit être rendu sur un support matériel. Pas de support numérique donc, mais ils peuvent imprimer des images, du texte, à partir d’un logiciel de traitement de texte. Sur l’aspect créatif, je leur soumets des idées, et notamment l’idée du lapbook (ou livre objet) sur cette réalisation. Aucun caractère obligatoire, mais je trouve que cet outil peut complètement être adapté  à ce travail.  Je crois que certains groupes ont trouvé l’idée intéressante…

Du point de vue de l’info-doc, ce travail permet d’aborder, à des niveaux différents, les notions suivantes:

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En début de séance je consacre 10/15 minutes à un temps de présentation de l’activité, des consignes et objectifs du professeur d’histoire et de ceux qui relèvent de l’info doc. Je leur projette le schéma ci dessus et j’annonce que nous allons, ensemble, questionner le besoin d’information à l’aide d’un questionnement Quintilien (je vidéo projette la carte mentale ci dessous et leur en distribue ensuite une par groupe). On note toutes les propositions des élèves, j’y ajoute (si nécessaire) les questions que je me suis posée en préparant la séance. Cet échange permet de faire prendre conscience aux élèves qu’ils ont déjà des connaissances (ils connaissent des lieux / monuments emblématiques de la capitale, réfléchissent déjà au profil des touristes auxquels ils vont s’adresser …). Ils prennent conscience des informations qu’ils n’ont pas et qui leur seront nécessaires (tout ce qui concerne les modalités de transport, d’hébergement, d’autres activités / lieux / monuments pour affiner leur programme). Ils commencent également à questionner les types de sources et d’information qu’ils vont consulter (l’ensemble des groupes à évoqué le site de l’office du tourisme de Paris, et ils pensent instinctivement à des sites de voyage comparateurs de prix pour l’hébergement, la restauration, les loisirs… )

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Les élèves se répartissent ensuite en groupe, se mettent d’accord sur le profil de leurs touristes et commencent à questionner le sujet, rechercher les premières informations. Ils se répartissent (plus ou moins efficacement) les tâches, réfléchissent à des stratégie de travail en groupe ou pas, étant donné que les vacances scolaires s’invitent entre les deux séances et la date fatidique de retour des travaux.

Mes collègues m’ont invité à participer à l’évaluation (youpi!) et on essaiera de mettre en valeur leurs productions en les exposant.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas d’une séquence ni même d’une séance ultra bien ficelée, mais qui me permet quand même d’intervenir auprès des élèves, de les guider, de leur proposer des ressources. Jusque là, j’ai très peu en fait pas du tout, travaillé avec mes collègues d’HG. Pourtant dans l’ancien collège où j’étais en poste, c’était régulier. Je comprends les arguments « manque de temps », « faut avancer dans les programmes », mais j’ai du mal quand je constate qu’on donne des exposés aux élèves:

  • sans me prévenir : dans ce cas je ne demande pas spécialement à intervenir, mais à savoir ce qu’on leur demande, pour quand, sous quelle forme. Non pas pour faire ma grande inquisitrice (Dolorès Ombrage sort de ce corps!!!), mais tout simplement pour pouvoir choisir au mieux et avec le moins d’injustices possibles les élèves qui seront prioritaires pour venir au CDI (je vous en parlerai, mais le CDI se trouve actuellement dans un lieu annexe et plutôt minuscule pour la durée des travaux et je ne dispose que de 15 places, ce qui est … peu). Et puis je peux vérifier mes ressources physiques disponibles au CDI, au besoin mettre en place une table thématique, une caisse mobile…
  • Sans les guider plus qu’en leur donnant une consigne sur « faire un exposé sur la Rome antique » (si si je vous jure, j’ai déjà vu passer la chose). Le petit 6ème à qui on donne ce sujet sera perdu. La Rome Antique c’est vaste… Ou alors on lui a donné les consignes mais il ne les a pas retenues? Dans ce cas, si je suis informée, je peux guider l’élève dans son questionnement, dans son choix de sujet etc….
  • et parce que bon je suis prof doc et que sur les aspects purement pratiques (sur quelles heures etc…) on peut toujours trouver des solutions. Dans ce cas précis, on a épluché les EDT et les heures d’études des classes concernées et ils sont venus sur ces créneaux.

Je dois avouer, que ces derniers mois ont été assez compliqués (j’en avais en partie parlé ici) et que le déménagement du CDI a accaparé tout mon temps sur la deuxième période du premier trimestre. Étrangement je propose davantage de séances ces temps-ci, alors que le CDI Cagibi (je vous assure c’est affectueux, je le vis bien) est vraiment minus et pas idéalement conçu pour l’accueil de groupes. Tout ne tiendrais donc pas au lieu? Même si j’ai hâte de découvrir et de concevoir, d’aménager le futur nouveau et tout beau CDI, je retrouve peu à peu une énergie pro qui me faisait défaut ces derniers temps.

 

 

De la communication non violente

« Nos sentiments proviennent de la façon dont nous choisissons de recevoir les actes et les paroles des autres » Marshall B. ROSENBERG

Au PAF, cette année, j’ai obtenu le stage de sensibilisation à la communication non violente (niveau 1).

Et aujourd’hui a eu lieu la première journée de ce stage qui s’étend sur 3 jours.
J’attends beaucoup de ce stage, autant d’un point de vue professionnel que personnel (tant qu’à faire).

Je n’ai absolument pas été déçue de cette première journée. J’étais la seule prof doc du groupe parmi des profils très divers ce qui a engendré des conversations très riches  (prof en collège, lycée, lycée pro, BTS…)

Ce petit billet pour faire état de ce que je retiens de cette journée et des questionnements que cela soulève dans le cadre de ma pratique professionnelle.

L’approche de la communication non violente est portée par Marshall B.Rosenberg, psychologue américain (1934-2015). Ce processus de communication se base sur le principe de la non-violence appliqué à la communication, à la relation qu’on entretient avec un individu.  Outre la communication verbale, cette approche met également l’accent sur tout ce qui relève de la communication non verbale: les attitudes, les regards…

Nous avons réfléchi à ce qui, pour nous, relevait de la communication violente:

  • l’utilisation du TU accusateur (le TU qui touche à l’identité de la personne)
  • le manque d’empathie
  • des tons de voix violents (cris)
  • Des attitudes violentes (ignorer quelqu’un, claquer la porte sans explications)
  • les jugements / l’évaluation d’autrui, les comparaisons, les reproches, les critiques et exigences, les humiliations et autres moqueries…

De même nous avons fait ressortir ce qui relève de la CNV (et notre formatrice a complété)

  • L’utilisation du JE à la place du TU
  • L’expression de ses émotions, de son ressenti
  • Prendre la responsabilité de ce qui nous appartient (de nos émotions, de nos besoins)
  • Passer de l’exigence à la demande, et accepter le fait que la réponse à cette demande peut-être négative
  • Relever les réussites (les siennes et celle de notre interlocuteur)
  • L’empathie (être à l’écoute de l’autre mais aussi à l’écoute de soi)
  • Construire son discours sur des observations, sur des faits, sur des explications
  • Avoir de l’estime pour soi et pour l’autre, du respect pour sa personne et sa dignité
  • Être dans un rapport d’égalité
  • Apporter du sens entre les causes et les conséquences

A ce point là de ma retranscription, je me rends compte que mon approche actuelle mêle les deux, même si je préfèrerai qu’elle penche davantage du côté de la balance de la CNV.

Il m’arrive de crier, de hausser le ton pour obtenir le calme, le silence, ou l’attention des élèves (souvent), de faire des reproches en employant en plus ce TU accusateur , d’avoir des exigences avec menace de punition / blâme à la clé (une observation dans le carnet, une exclusion temporaire ou définitive du CDI, ce que je déteste donc ne fais finalement presque jamais, donc inutile ++++)

Mais à côté, je me félicite (il parait que c’est important de s’auto-féliciter quand on réussit) d’avoir un semblant d’approche CNV (sans le savoir jusque là): saluer les réussites, avoir de l’empathie (bon, ok ça dépend des jours) envers les élèves (et mes collègues?). Je pense également avoir du respect pour les élèves et éviter une relation hiérarchique de pouvoir.

Il y a donc toute un travail à faire, à essayer de mettre en place sur les points suivants, qui me semblent importants et nécessaires:

  • Apporter davantage et systématiquement du sens entre les causes et les conséquences (par exemple: expliquer sans être dans le jugement et dans le reproche, qu’un livre volé pénalise les élèves qui voudraient le lire et / ou l’emprunter, qu’un livre mal rangé est un livre perdu…)
  • Passer de l’exigence à la demande, par exemple quand je souhaite que le calme revienne au CDI ou lors d’une séance pédagogique. Le tout en ne stigmatisant pas un élève ou un groupe d’élèves face aux autres. Cela suppose donc de se déplacer, jusqu’à l’élève en question, de couper la scène aux autres, et d’adresser à voix basse sa demande. Ça j’y pense depuis longtemps, pas forcément de la manière CNV, mais je ne trouve aucune satisfaction à hausser le ton, à faire des reproches et être dans l’exigence. A priori si ça « fonctionne », il suffit de prendre le temps de prendre ce temps afin que des mécanismes, des attitudes respectueuses de toutes parts, deviennent le quotidien.
  • Utiliser davantage le JE, nommer ses émotions , ses sentiments, son ressenti (avec des mots précis. Par exemple « Je suis en colère, je suis fatiguée, je suis excédée par tout ce bruit, ce manque d’attention » …)  et exprimer ainsi ses besoins (« J’ai besoin de calme pour avancer dans telle tâche, pour avancer dans ma séance »)

J’ai également noté le fait que la CNV ne suppose pas l’absence de cadre, de limites, de règles de vie: mais je note et je surligne le fait que la construction collective de celles ci, avec les élèves, donne du sens. Et j’aimerai bien me pencher sur une construction collective des règles de vie (je déteste ce terme en fait, mais de suite je ne trouve rien de mieux) du CDI. Voir ce que ça peut nous apporter. Je profiterai probablement de l’aménagement dans le futur CDI (mais je peux tenter et expérimenter dans le CDI provisoire puisque que la situation peut s’y prêter).

Avant de m’arrêter ici pour ce premier billet CNV (il y en aura peut-être d’autres?) je rajouterai que la CNV ne remet pas en cause le fait que nous sommes des humains dotés de sentiments multiples. Les conflits font partie de la nature humaine et il n’est pas question de les éradiquer, de les refouler, mais bien de les accepter en limitant l’apparition de la violence lorsqu’un conflit émerge.

Et pour finir pour de bon, je retiens deux mots qui pour moi, ce soir, résume la CNV: être authentique et empathique.