EMI 5ème Séquence 1, séance 1: Internet et le Web, une histoire récente.

Avant de mettre à jour le billet sur ma progression, je viens poster la première séance de ma progression.

Avant de commencer, et après le passage de 7 groupes sur 11, je dois dire que je suis étonnée de l’enthousiasme des élèves. Quand ils ont eu leur nouvel emploi du temps, beaucoup sont venus me demander ce que signifiait EMI, ce qu’on allait faire etc… Bien entendu j’ai fait durer le suspens. Le thème de la progression en lui-même semble beaucoup leur plaire, et ils repartent de cette première séance ravis, pressés de revenir, et enthousiastes de ce qu’on va faire ensemble cette année. Il n’en faut pas moins pour rendre la prof doc que je suis heureuse.

Je change un peu de modèle de présentation de mes séances pédagogiques en m’inspirant du modèle de fiche de préparation en Information-Documentation proposé par P. Duplessis (2017). (C’est là que je me dis que j’aurai vraiment dû avoir mon RDV de carrière cette année)

Cadre institutionnel   

  • Niveau:   5ème            ½ groupe          Effectif : entre 10 et 16 élèves
  • Support horaire : Une heure quinzaine (55 minutes)
  • Cadre pédagogique : EMI 5ème
  • Discipline(s) : Information-Documentation
  • Intervenant(s) :Professeure documentaliste
  • Durée de la séance : 55 minutes
  • Lieu(x) CDI + Salle info CDI (pour vidéoprojection)

Savoirs en jeu

  • (Rappel de l’objectif de la séquence) : Découvrir les aspects historiques relatifs à Internet et au Web et savoir différencier Internet et le Web en étant capable d’en donner une définition simple et de nommer les outils permettant d’y accéder.
  • Objectifs d’apprentissage en information-documentation et alignement pédagogique
    • Savoirs théoriques
ObjectifNotion(s)
explicite(s)
Niveau de formulation attenduActivité(s)Évaluation
Situer l’apparition d’Internet et du Web dans le temps Internet




Web
Arpanet, ancêtre d’Internet, apparait en 1969 dans le contexte militaire américain

Le Web, né en 1989 est inventé par Tim Berners Lee
Brainstorming
2 colonnes au tableau: INTERNET et WEB
Chaque élève a à sa disposition 1 post-it avec les amorces structurantes suivantes:
– Je pense qu’Internet / le Web existe depuis: ……
– Pour moi, Internet / le Web c’est: ….
Frise chronologique avec deux éléments à replacer en fin de séance (fiche élève évaluation des apprentissages)
Différencier Internet et le Web et en donner une définition simpleInternet










Web
Internet est un réseau mondial d’infrastructures de communication, qui permet l’accès à différents services.

Le Web consiste en un ensemble de pages Web reliées entre elles par des liens hypertextes. Ces pages sont stockées sur des serveurs et disposent d’une adresse URL.
Projection d’un diaporama (apport de connaissance)
et échanges / discussions
Texte à trous à compléter (fiche élève structuration des connaissances)

Déroulement de la séance

  • Situation dans la progression et/ou séquence : On se place au tout début de la progression, dans le cadre de la séance « introductive », qui permet aux élèves d’entrer dans cette nouvelle « matière » dans l’emploi du temps ( Séquence 1, séance 1)
  • Scénario pédagogique
    • Intro : présentation de la progression annuelle et thème de travail (Internet et le Web). Noter les fournitures pour la séance prochaine : porte-vue 60 vues (récup’ possible). Cette demande était déjà existante dans la liste de fournitures des élèves, certains ont déjà pris leur porte-vue.
    • Mise en activité: Le professeur sépare le tableau en 2 colonnes, Internet et Web. Il explique aux élèves, tout en distribuant les post-it « structurants » qu’il s’agit pour eux de déduire les dates d’apparition d’Internet et du Web (« Je pense qu’Internet / le Web existe depuis:… ») et de quoi il s’agit (« Pour moi Internet / le Web c’est:… ») .
    • Activité des élèves: . Les élèves prennent 5 minutes pour s’interroger et mettre par écrit leurs « suppositions » (ils ont le droit de laisser un espace vide s’ils bloquent) et quand ils ont fini, ils viennent déposer leur post-it dans la colonne correspondante (J’ai utiliser de la patafix, mais on peut également utiliser des magnets)
Post-it libres
Post-it « structurants »
  • Structuration des connaissances: Projection du diaporama et des documents choisis (concernant la vidéo, elle est arrêtée à 2’13). Prendre le temps de s’arrêter entre chaque diapositive / document pour permettre aux élèves de poser des questions, d’apporter des contenus supplémentaires, échanger, réagir etc…)
    • Structuration des savoirs: En fin de séance, la fiche-élève (recto-verso) est distribuée. Le recto « Je retiens » est composé d’un texte à trou que l’on va renseigner collectivement, à voix haute. Elle sert à consigner, à garder une trace du niveau de formulation attendu.
    • Évaluation: Lorsque la partie « Je retiens » est complétée, les élèves sont invités à découvrir la frise chronologique au verso et à replacer, individuellement, les 2 mots proposés: ARPANET et WEB. Le professeur vérifie .
  • Méthode pédagogique: Interrogative dirigée
  • Sources: « Internet dans le monde – Dossiers – La Documentation française », MAJ 2011 (Chronologie), Internet et Site Web sur le Wikinotions
  • Matériel : Tableau blanc (+ feutres) / Post-it (+ patafix ou magnets) / Vidéoprojecteur + Ordi enseignant connecté au réseau Internet / Suite bureautique
  • Renseignement des axes temporels (vertical) et organisationnels (Horizontal)

Bilan de la séance

Fichiers à télécharger

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Progression Information-documentation 5ème 2019-2020

Sortons la bouteille de champ’ les amis. En cette 4ème année dans ce collège, les conditions sont enfin réunies et je figure dans l’emploi du temps des classes de 5ème pour des séances d’info-doc, à l’année! (Je suis pas tombée sur la bonne année pour mon RDV de carrière, qui a eu lieu l’an dernier). Il n’en fallait pas davantage pour que j’ai le sourire, la patate et une frénétique envie de chanter mon bonheur à tue-tête!

Chose peu commune, j’ai décidé de me centrer sur le niveau 5ème. Au départ, je pensais prendre tous les niveaux par cycle (de vacances à vacances). Mais après avoir réfléchi rapidement, je me suis dit que j’allais bâcler le truc, que j’allais être prise par le temps et ne pas pouvoir approfondir certaines notions. Et en listant déjà les actions menées sur chaque niveau dans ce collège, je me suis rendue compte que je ne voyais jamais les élèves de 5ème dans un contexte pédagogique. Par contre, arrivés en 4ème, on travaille énormément en interdisciplinarité ou transdiciplinarité et je prends beaucoup de temps à présenter le doc de collecte alors que ce même temps est limité. Je suis vite arrivée à la conclusion qu’il était plus pertinent de cibler les 5ème pour cette progression. Ils atteignent, à ce moment de leur scolarité, l’âge (légal) pour s’inscrire sur les réseaux sociaux et il m’a donc parut important de me concentrer sur ce niveau.

Avant de détailler un peu ma progression (qui va aller en s’améliorant au fil des années j’imagine), je fais un rappel de ce qui est vu en 6ème:

  • En début d’année, j’accueille toutes les classes de 6ème, sur les heures d’AP en français (classes dédoublées) pour une présentation du CDI (fonctionnement, intérêt etc…).
  • Je les revois dans le cadre du prix des Incorruptibles afin de leur présenter les ouvrages de la sélection (cette année, ce sera lors de leur séjour d’intégration). Durant l’année, je les revois régulièrement dans ce cadre.
  • Un peu plus tard (1er trimestre), en collaboration avec mes collègues de SVT, on travaille sur les notions de classement et de classification.

Pour ma progression en 5ème, je suis donc « déchargée » de certaines notions « primordiales » puisqu’elles ont déjà été abordées. J’ai donc décidé d’axer le travail de l’année sur Internet et le Web.

J’ai lu récemment l’article de Pascal Duplessis sur les trois matrices disciplinaires de l’information-documentation (2017). Ce texte m’a grandement éclairée sur le contenu de mes séquences: en effet, outre les contenus didactiques que je souhaite leur apporter, je voulais que les élèves découvrent, par la pratique, les démarches et stratégies de recherches documentaires et d’informations, sans que celles ci soient forcément au service d’une « discipline », mais en lien avec les thèmes abordés lors de nos séances d’information-documentation (j’ai dans l’idée de leur faire créer une timeline collaborative des différents outils / inventions / réglementions etc… liés au numérique). De plus, je me suis replongée dans la lecture de l’article sur les méthodes pédagogiques en information-documentation, car il est hors de question que les cours dispensés soient purement magistraux (méthode expositive de type déclaratif. On se ferait c**** des 2 côtés).

Dans le tableau ci dessous (image en .PNG téléchargeable un peu plus bas, je doute de la visibilité ), j’ai donc renseigné les deux séquences principales ainsi que les séances prévues (attention une séance ne compte pas forcément pour une heure, elles peuvent s’inscrire dans la durée, celle ci pouvant varier d’un groupe à un autre). Certaines seront davantage détaillées dans leur intitulé. Je précise dans quelle type de matrice disciplinaire de l’information-documentation elles s’inscrivent (méthodologique / heuristique / didactique), à quel objectif de la matrice EMI (académie de Toulouse) elle correspond, ainsi que le domaine du Socle Commun. Concernant le socle, qui sera le pilier institutionnel pour l’évaluation, je dois encore préciser les items, ce qui sera fait au fur et à mesure de la construction des séances). En bleu, les méthodes pédagogiques envisagées, en fonction de ce que je pense faire (possibilité d’évolution également). En vert, les notions abordées (celles soulignées sont celles présentes dans le Wikinotions). Il s’agit donc d’un document prévisionnel, qui a vocation à évoluer, à être modifié au cours de l’année , mais qui constitue en tout cas ma base de départ.

Progression Information-Documentation 5ème

Ci dessous la liste simplifiée (et simpliste) des séquences / séances qui sera mise à jour avec des liens hypertextes au fur et à mesure de la publication de celles-ci sur Doc à bord.

Séquence 1 : Internet et le Web

  • Accéder à Internet et au Web
  • Les outils du numérique

Séquence 2 : Le Web, un espace de publication et de partage

  • Partage de connaissance : l’exemple de Wikipédia
  • Les réseaux sociaux
  • Les nouveaux métiers du Web (influenceur, youtubeur…)
  • Éthique et responsabilité (la loi,le harcèlement etc…)

J’ai l’impression de plonger de 10 mètres de hauteur. Mes dernières véritables progressions annuelles en information-documentation remontent à l’année 2014/2015 (je ne compte pas l’année qui a suivi car ce fût une année écourtée par mon congé maternité). Ce sera soit une réussite, soit mitigé, soit un fiasco total. Wait and see….

P.S: sur l’emploi du temps, il sera marqué EMI. Clairement en dessous de la teneur réelle de la progression, mais vu que c’est un sigle « officiel », ce sera moins perturbant pour mes interlocuteurs institutionnels (Je pense que les parents et élèves ce seraient parfaitement adaptés). Je modifierai peut-être ceci l’année prochaine

Rentrée 2019 (ou celle qui était contente de reprendre)

Rentrée 2019, ma 10ème rentrée, la neuvième en tant que titulaire. Je compte sciemment l’année de stage: en 2010, j’étais plongée dans le grand bain en région parisienne à temps complet.

Cette rentrée a une saveur particulière… C’est la première fois depuis le début de ma carrière que je fais une quatrième rentrée au sein d’un même établissement. Ça peut paraitre bête mais pour moi, ça représente beaucoup. J’ai un sentiment de continuité, de stabilité. Les élèves de 6ème que j’ai connu à mon arrivée sont maintenant en 3ème et je n’ai plus qu’à mémoriser les prénoms des 6ème actuels et des quelques nouveaux arrivants. Je connais mon fond documentaire, je sais ce que je dois commander en début d’année, je retrouve mes collègues, mes copains,mon bazar organisé, mes habitudes.. Je sais à qui m’adresser (et comment) pour récupérer tous mes fichiers élèves pour import dans ma base, tous mes documents importants pour l’année. J’ai des projets en cours et des séances programmées dès la semaine prochaine. Des voyages scolaires aussi qui se profilent. Je connais mes interlocuteurs et partenaires extérieurs. J’ai à nouveau un téléphone fixe sur mon bureau, qui fonctionne (j’ai failli ne pas décrocher au premier appel, n’étant plus habituée à l’entendre sonner). Tout est quand même vachement plus simple. J’ai toujours un peu de route mais je n’aurai rien de mieux pour le moment (les années à venir) et cette affectation me convient très bien. J’ai fait ma rentrée dans la bonne humeur, heureuse de rempiler pour une année. Et même s’il y a toujours des petites tensions au sein de l’équipe, je sais où est ma place (et je crois bien qu’elle a toute son importance dans ce collège), je sais comment me positionner pour ne pas me retrouver mêlée à des querelles qui existaient bien avant mon arrivée.

Et puis je reprends dans des conditions de travail idéales, puisque les travaux du CDI sont entièrement terminés, la salle principale est enfin équipée d’ordinateurs pour les élèves (les travaux du collège se poursuivent, mais c’est l’histoire de quelques mois). L’an dernier je reprenais dans un lieu provisoire (voir mon billet sur le(s) déménagement(s) successifs), cette année je débute dans un lieu agréable, lumineux, spacieux et chaleureux. Je vais pouvoir accueillir les élèves dans des cadres divers et dans des conditions favorables.

Je n’ai pas « ouvert » le CDI aux élèves cette semaine: j’ai profité de ces quelques jours pour gérer les tâches de début d’année au calme, qu’elles soient agréables ou moins agréables (celle-dont-on-ne doit-pas-prononcer-le-nom, commençant par la lettre M., mot composé désignant le marronnier de l’année de la profession). L’an dernier j’étais à 2 doigts de refiler le bébé à n’importe qui sauf moi. J’ai tapé du poing sur la table et je crois que le message est plus ou moins passé. Hors de question que je m’occupe de tout, sans aide. On a donc débuté la semaine par un déballage collectif des cartons de réassort (et avec du café). J’ai fait le planning sur 2 jours, imprimé les docs et on a rejoué en collectif pour imprimer, massicoter, organiser et distribuer fiches de prêts et consigne de distribution (toujours avec du café et du chocolat cette fois). En 2 journées (dont une plus chargée que l’autre en terme de nombre de classes à passer) l’affaire était pliée. Les surplus sont entreposés dans la réserve, mon CDI est libre de ces piles un peu penchantes. Les tables ont retrouvé leur place (rien de définitif puisqu’elles sont sur roulettes et se déplace au grès des séances, accueil d’auteur, représentation théâtrale…). Les retours de fin d’année sont rangés, les premières tables thématiques disposées. Mon bureau est à peu près rangé, mon bullet journal professionnel est prêt (cette année le carnet est un leuchtturm 1917 grand format ). Avec mon super collègue PE on est venu à bout de la finalisation de l’installation du vidéoprojecteur dans la salle info attenante (et ce ne fût pas forcément simple, mais drôle).

Lundi je serai attendue comme le messie en permanence, je vais faire salle comble à la récré et à 13h. Les livres bien rangés vont partir en voyage chez les uns, chez les autres… Le emplacements des Légendaires et de La Rose écarlate dans les bacs à BD seront régulièrement partiellement ou totalement vides. Il va y avoir du mouvement, de la vie, des rires, de la bonne humeur (de la moins bonne aussi sûrement). Je vais regretter le calme et le silence au bout de 4 jours. Les fidèles parmi les fidèles seront là. Les petits 6ème vont hésiter à entrer, à emprunter et ça leur passera vite. Les multiples baies vitrées vont bientôt être pleines de traces de main, le tableau blanc mobile couvert de dessins, de parties de pendues pas terminées.On va se faire coucou à travers les vitres. On va guetter la sortie du tome 4 de la Passe-miroir, on va accueillir des petitous de la crèche et les résidents de la maison de retraite avec ma collègue de HAS. Je vais bientôt recevoir les premières candidatures pour le club Harry Potter. Je vais plancher sérieusement sur ma progression EMI, qui sera pour les 5ème finalement. Mais je verrai aussi les autres niveaux dans un contexte pédagogique.

Mon chef , avec un grand sourire, m’a demandé ce qu’il pouvait bien se passer au CDI en entendant les élèves, dans les couloirs, s’exprimer sur leur impatience à pouvoir venir, sur les prochains livres qu’ils emprunteraient, ceux qu’ils aimeraient voir dans la prochaine commande. Les 6ème aussi trépignent: mes collègues profs principaux m’ont vendue comme jamais (d’après leur dire).

J’ai hâte, ça va être bien cette année.
Et vous la rentrée c’était comment?

Ça déménage

Il est grand temps que je fasse cet article.. En effet, c’est la dernière phase de ma délocalisation au sein du collège. L’aventure touche à sa fin…

Le contexte

Quand je suis arrivée dans ce collège, il y a 3 ans, j’ai appris qu’il était en plein travaux et que le CDI serait impacté. Le collège date des années 70 (nous avons les photos de l’inauguration ) et le CDI était au rez de chaussé. C’était un lieu immense (je ne connais pas la superficie totale mais en moyenne je dirai 350 m2), dont une bonne partie avait déjà était « condamnée » à mon arrivée. Malgré ce super espace il était… vintage. Moquette d’époque, odeurs d’époque, livres et documentation d’époque à 60% … Le CDI était quand même excentré de certaines zones du collège (en tout cas au niveau de l’entrée principale). Les fenêtres donnaient sur la cour et j’avais un accès direct en salle des profs. Il disposait d’une grande salle principale et d’une salle annexe (avec les séries et autre documentation pédagogique). Dans les parties condamnées, étaient stockées les manuels scolaires, et du bazar.

Le projet de rénovation du collège prévoyait d’inverser quelques espaces. Le CDI actuel deviendrait le self (opérationnel à la rentrée 2018) et le self et les cuisines (au premier étage) le CDI. J’ai rapidement eu accès aux plans et le projet m’a plu dès le départ. Arrivant dans un nouvel établissement, la perspective d’un déménagement, d’un lieu neuf, comme une page blanche, m’a paru plutôt enthousiasmante. Il serait certes plus petit, mais 254 m2 c’est honorable (sans compter les 3 salles annexes de dépôts et la petite salle informatique)

Le premier déménagement

En novembre 2017, la première phase a débuté. Il s’agissait donc de mettre en carton le CDI actuel et de délocaliser dans un lieu provisoire le temps des travaux (il fallait attendre juillet pour le début des gros œuvre du self du premier + le temps des travaux). Le lieu provisoire serait une ancienne salle de techno dans un bâtiment que « tu sais pas trop si c’est du dur ou du mobil home ». Situé au fond du collège, je suis passée du grand palace à 50m2 a tout casser. J’ai quand même eu la possibilité de voir le lieu avant (normal me direz-vous) et donc de me faire une idée de la place dont je disposais VRAIMENT. J’ai donc entamé la valse des cartons (sortant d’un déménagement perso en simultané, j’étais rodée). Le plus dur a été de sélectionner ce qui me suivrait dans ma phase de transhumance, de ce qui resterait en cartons pour 1 an ou plus. Et j’ai quand même découvert de sacré vieilleries, notamment dans l’annexe pédagogique… Et il était compliqué de faire seule le tri de ces documents, dont certains devaient être là depuis au moins 20 ans? J’ai lancé un appel auprès de mes collègues enseignants de façon à ce qu’ils viennent faire du tri dans le matos de leur discipline. Le plus gros point noir était les séries pour les lettres… Il y en avait un sacré paquet, dont certaines en seulement 10 exemplaires ou moins… Je dois avouer qu’ils ont conservé beaucoup (trop) de choses à mon goût. Au niveau des cartons: j’ai eu beaucoup d’aide de la part des … élèves. Ils m’ont spontanément proposés leur aide et il a suffit de leur expliquer une fois les codes couleurs pour l’étiquetage. Je les ai senti (certains) investi d’une mission divine! C’est dire. Les cartons qui allaient me suivre étaient étiquetés en rouge (CDI provisoire + indication de catégorie Fiction / Documentaire / bureau / réserve / orientation périodique etc…). Ceux qui allaient aller en archive pour une durée plus ou moins déterminée étaient marqués en vert. Le choix des couleurs a été conditionné par les marqueurs à ma disposition à cet instant T.Mi décembre, une semaine avant les vacances, le CDI a été fermé et des agents du département sont venus seconder les agents de l’établissement pour le déménagement. J’ai vécu quelques jours en transition mais j’ai pu aménagé sommairement le CDI provisoire avant de partir en congé.

Le CDI provisoire

Janvier 2018. Nouvelle année, nouveau CDI. Il faut tout revoir. L’accès des élèves au CDI, l’accueil des classes / groupes pour des séances pédagogiques, nombre de place, seuil de dépassement. De plus, la salle d’art plastique est attenante et son accès se fait par… le CDI. En janvier 2019, l’infirmerie nous rejoint (provisoirement aussi) dans ce que j’appelle affectueusement le « cagibi » (j’occupe le CDI cagibi). C’est encore plus sommaire en terme de place, d’aménagement, de luminosité. J’ai fonctionné pendant ma retraite avec 3 ordis dans le CDI. Nonobstant, la salle informatique (la plus pourrie du collège, certes) est également attenante. On a donc réussi à fonctionner tant bien que mal, les élèves n’ont jamais oublié où il était. D’une capacité d’accueil de 30 élèves je suis passée à 15 (+ /-). Il a fallu optimiser l’accès des élèves au CDI dans une optique égalitaire et équitable. J’ai insisté à plusieurs reprises auprès des enseignants pour être informée des travaux de recherche d’info / exposé qui étaient données aux élèves afin de permettre à chacun d’avoir accès aux ressources du CDI. C’est à ce moment là également que j’ai décidé d’aller chercher les élèves de la permanence directement en étude, une fois qu’ils étaient assis et non plus dans le rang dédié. Ainsi je pouvais « choisir » les élèves dans le calme, en vérifiant les classes / groupes présents et les travaux scolaires du moment. Par contre j’ai bien senti que cette période a été assez mal vécue par certains élèves qui trouvaient injuste de ne pas pouvoir venir en raison de la priorité donnée par moment à certaines classes. Il a fallu faire preuve de patience pour leur expliquer le contexte, leur dire que je comprenais leur frustration. Pendant la pause méridienne, j’ai vite abandonné le système d’inscription. J’ai accepté qu’il y ai plus d’élèves présents à ce moment. L’accès était donc libre, et lors des beaux jours, les élèves étaient autorisés à sortir des chaises et des tables dehors pour lire ou travailler (Le CDI Cagibi était au rez de chaussée) et ainsi permettre de récupérer un peu d’espace et d’air pur.

Durant cette période, j’ai pu travailler sur l’uniformisation de la signalétique des documents. J’ai refait toutes les cotes des documentaires (qui étaient disparates en terme de taille / couleur) et apposé un ruban adhésif de la couleur de la Dewey en haut du dos du livre. J’ai désherbé encore quelques documents. Cette période de transition a aussi vu la mise en place d’une mini ludothèque. Le nombre de prêt n’a pas baissé (depuis le 1er septembre 1861 documents ont été empruntés! pour 617 élèves), des commandes ont été passées régulièrement et le fond s’est diversifié. Le fait de n’avoir qu’une partie des collections du CDI a, je pense, donné une plus grande visibilité à des documents qui étaient jusque là noyés dans la masse. Ce CDI n’était clairement pas le lieu de travail le plus idéal pour un CDI de collège. Mais je savais que c’était provisoire et que ça aurait pu être pire. Nous nous sommes tous adaptés en essayant de garder notre bonne humeur. Le CDI n’a pas été mis à l’écart et ne s’est pas « éteient » pendant cette période. Au contraire! Je me dis, avec du recul, que nous nous sommes concentrés sur l’essentiel, sur les points positifs pour avancer. J’ai senti un nouveau dynamisme se mettre en place, une nouvelle énergie, comme un vent de renouveau. Bien entendu il y a eu des moments durs, des moments où on se demande ce qu’on fout là.. Et puis ça passe. En cas de petit coup de déprime, on ouvrait le plan du CDI et on se disait que quand même ça allait être chouette. Et puis il y a eu le choix et la commande du nouveau mobilier, c’était assez motivant…

15 jours avant les vacances de février 2019, nous sommes à nouveau entrés dans la phase des cartons. Les derniers. Les élèves ont été d’une aide précieuse (comme pour la première mise en carton). C’est avec un petit pincement au cœur que j’ai fermé le CDI cagibi avant de partir en congé. J’ai confié les plantes vertes à un collègue AVS, et je me rendue compte que la pause café des reclus du fin fond du collège serait terminée, que les moments de rigolade avec ma voisine infirmière seraient aussi un bon souvenir. Parce que même si matériellement ce n’était pas le grand luxe, cette période a été pour moi, humainement parlant, d’une grande richesse.

Le nouveau CDI

Prof doc en perdition (Les cartons présents représentent l’ensemble de mon CDI cagibi, le triple est arrivé ensuite)

Lundi 11 mars 2019: le jour de la reprise et le jour J (et également le temps de la reprise à temps complet). Quand je suis arrivée au collège, les cartons étaient toujours bien en place au CDI Cagibi. Par contre j’ai remarqué les 2 semi remorques stationnés devant le collège et le monte charge installé et donnant accès au nouveau CDI. Serait-ce en partie mon nouveau mobilier? Va t-on pouvoir utiliser le monte charge pour déplacer les cartons de livres. Il était clairement hors de question que j’en déplace un seul (mon dos a déjà bien douillé à force de se baisser, de pousser, fermer des cartons) mais j’avais un peu de compassion pour mes collègues agents (du collège et du département à nouveau) qui allaient se coltiner le boulot. On y aura eu accès partiellement. En effet les semi remorques ont livré la quasi totalité du mobilier de l’ensemble de cette aile du 1er étage, qui outre le CDI, voit naitre de nouvelles salles de classes (dont l’ouverture est prévue pour septembre). Pendant 2 jours, je n’ai jamais vu défiler autant de tables, chaises, armoires, cartons devant mes yeux. J’ai tenté de faire placer les cartons aux bons endroits dès le départ, mais vu le passage, le montage des meubles / étagères en parallèle, j’ai vite lâché l’affaire. J’ai eu le temps de prendre une photo dans cet espace vide avant qu’une montagne de cartons s’amoncelle… Pendant ces 2 jours, je ne savais plus trop où j’habitais. Je me suis sentie un peu inutile, je n’avais pas accès à internet là haut. J’ai donc vogué entre le nouveau CDI, la salle des profs, la vie scolaire, le secrétariat … Et je crois que j’ai un peu paniqué à ce moment là aussi… J’ai vu la montagne de travail qui m’attendait, j’avais peur de ce que j’allais retrouver dans les cartons mis en archive pendant 1 an et demi, j’ai flippé devant le nombre de séries de français encore là en me demandant si j’allais avoir assez de place pour tout ranger…. Je me suis demandée si ce nouveau CDI ressemblerait à quelque chose d’à peu près correct pour mon rendez vous de carrière…
Dès le jeudi, les agents ont commencé à monter les étagères. J’ai un peu chapeauté le tout. On a fait des essais de positionnement, on a bougé un peu l’implantation initialement prévue. Ça commençait à prendre forme. Sur deux jours (vendredi et lundi), j’ai vidé les cartons de fiction, réajusté l’espacement des étagères si nécessaire. Le tout en musique, puisque seule, j’ai pu m’octroyer ce petit plaisir motivant. Suite au désherbage entrepris lors de la première phase du déménagement, l’ajout des documents en archive à ceux du CDI provisoire n’a pas surchargé de trop mes rayonnages. Je pense qu’une autre phase de désherbage sera encore nécessaire dans les années à venir. De surcroit j’ai ressorti les 3 premiers tomes des Chroniques de Spiderwick (spéciale dédicace à E., élève de 6ème qui voulait à tout prix que j’aille les chercher dans le logement de fonction qui faisait office d’archive au CDI pendant la phase transitoire, il y a quelques mois).

Mardi et jeudi de la deuxième semaine, j’ai entièrement vidé les cartons de documentaires, re-remplis 5 cartons pour le désherbage, placé les archives périodiques à leur place, placé les périodiques en « cours de validité » à la leur, aménagé le coin lecture (de façon provisoire), rangé les BD et les mangas. Les cartons contenant la doc pédagogique et autres spécimens de manuels scolaires ont été déplacés dans les salles annexes dédiées en attendant que les dernières étagères soient montées (probablement lundi). Je suis partie hier soir avec un CDI qui commence à ressembler à quelque chose. Il me reste à finir de mettre en place les salles annexes, a aménagé sommairement et de façon fonctionnelle mon bureau, ranger le petit bazar qui traine encore par-ci par-là. En deux jours ça devrait être bouclé et je devrais être prête pour mon rendez-vous de carrière jeudi matin. Peut-être même que je pourrais ouvrir le CDI dès jeudi après-midi?

Et après?

En avril, dans le cadre des journées départementales des professeurs documentalistes du Tarn, la deuxième journée aura lieu au sein de mon collège, dans ce nouveau CDI. La thématique de l’année étant l’aménagement du CDI dans le contexte d’un CDI capacitant favorisant l’apprenance, le contexte est idéal et je suis contente que la livraison ait eu lieu dans les temps pour permettre à cette journée d’avoir lieu dans cet espace à peine livré. Et dans la foulée ce sera les portes ouvertes du collège. Cette année pas question de cacher la misère, je pourrais l’ouvrir en grand et en être fière (j’en étais déjà fière avant, mais il le CDI cagibi n’était clairement pas vendeur)

Je ne demande pas ma mutation. Je n’ai pas traversé toute cette aventure pour ne pas en profiter un peu 🙂

En terme de gestion, je vais poursuivre le travail d’harmonisation de la signalétique des documents. Je vais également pouvoir réfléchir à la signalétique globale des espaces. On va pouvoir s’approprier ce nouvel espace, en profiter et se dire que c’est chouette.

Et l’aspect pédagogique dans tout ça? C’est vrai que je n’en ai pas trop causé dans ce billet. Ce n’est pas que je n’ai rien fait, il y a eu des actions. Mardi 12 mars, je participais encore au concours de Une. Mais je n’ai pas pu réfléchir à la mise en place d’une véritable progression en info-doc et en EMI. Je me suis contentée de ce que j’avais et c’était déjà bien. Je vais pouvoir la construire véritablement d’ici la fin de l’année pour qu’une véritable mise en œuvre pédagogique en information-documentation et en EMI soit mise en place dès la rentrée. J’espère aussi que ce nouveau CDI qui est tout même central dans le nouveau collège, attirera davantage certains de mes collègues dans le cadre de séances en co-enseignement. Dans tous les cas, au bout de 3 ans dans ce collège, je pense avoir fait ma place et prouvé mes compétences professionnelles. donc enjoy ans let’s go !

Je ne pouvais pas m’en empêcher !


Fake news: marque (ta) page à destination des élèves

Un petit passage rapide sur Doc à bord, pour partager avec vous un marque page sur les fake news , réalisé ce soir, dans l’urgence (comme toujours ces derniers temps)

(Recto / verso. Format .png – Autres formats dispo en bas de page)

Il sera dans un premier temps destiné aux élèves de 4ème, que je reçois dans le cadre d’une séance sur le sujet (3 classes sur 5, c’est déjà ça de pris).

Pour faire court, ma collègue de SVT étant absente, elle m’a proposé de prendre ces classes de 4ème dans le cadre d’un EPI sur les énergies. J’ai donc profité de 3 séances pour aborder la typologie des sites (via la cartographie des sources), une deuxième séance sur la différence entre une information scientifique et une information d’actualité scientifique (et introduction de la notion de fake news). La troisième séance porte sur la désinformation et j’ai choisi de leur faire réaliser eux mêmes une fake news scientifique (le marque page vient ici en appui des apports de la séance précédente)

Et après le déménagement, je pense le mettre à disposition des l’ensemble des élèves dans la panière marque page (Il faut que je fasse un billet sur ce déménagement…)

Pour la réalisation de ce marque page, j’ai puisé dans le Wikinotion de l’APDEN (toujours une valeur sûre en terme de didactique en information-documentation) et un ensemble de visuels déjà existants sur le sujet, et j’ai synthétisé en fonction de ce que je pensais important de mettre en avant pour mes élèves.

Vous pouvez donc le réutiliser tel quel ou le modifier à votre sauce (pour info j’ai utilisé Canva).

J’en profite pour glisser ici, à l’état d’ébauche, la fiche de travail pour la réalisation de la fausse fake news scientifique de la troisième séance. Je publierai le descriptif et le déroulement de la séquence quand je l’aurai expérimentée avec les 3 groupes d’élèves.

Les documents ici présents sont également disponibles en .pdf

#lecture #6ème Présentation de la sélection du prix des Incorruptibles CM2 / 6ème 2018-2019

Au collège, toutes les classes de 6ème participent au prix des Incorruptibles. C’est une action inscrite au PEAC, déjà en place à mon arrivée il y a 3 ans.

Les profs de lettres sont autonomes dans l’organisation au sein de leur classe, mais je leur propose des séances en co-enseignement si besoin est (pour la forme), ainsi que la première séance de présentation des ouvrages de la sélection (je l’impose presque).

De façon générale, pour cette présentation, je cherche à mettre en place une situation de résolution de problème. En gros, pour chaque livre, nous (adultes) choisissons un extrait, auquel nous associons un objet. Jusque là, on (adultes) lisait les extraits en fonction de l’objet désigné par les élèves et ils devaient ensuite associer chaque objet à un des livres de la sélection.

Cette année j’ai apporté quelques modifications, afin que les élèves soient actifs durant toute la séance et non plus passifs pendant la phase de lecture par l’adulte.

Voici donc ce que je leur ai proposé, en fonction de la sélection CM2 / 6ème de cette année.

La séance a été menée en classe entière (2 classes), au CDI (1 classe) ou en salle de classe, en 1/2 groupe au CDI (une classe), et en plein air lors du séjour d’intégration (1 classe + 6ème segpa répartis en 2 groupes. Là, c’était la classe)

A / Association extraits / objets

  1. Les élèves sont répartis en 5 groupes (ou plus). On leur remet une pochette contenant les 6 extraits avec un code couleur par équipe.
  2. Lecture des extraits au sein du groupe (ils se répartissent généralement les lectures)Lecture des extraits
  3. Lorsqu’ils pensent avoir trouvé une association, ils déposent l’extrait (face visible contre la table) sous l’objet.instasize_181013180136
  4. Lorsque tous les groupes ont réparti leurs extraits, on fait le bilan et je leur apporte la solution si une association n’est pas la bonne. Je leur lis parfois un passage de l’extrait pour confirmer ou infirmer l’association qu’ils ont proposé.

B / Association objets / livres

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  1. Dans un deuxième temps, ils se concertent au sein de chaque groupe afin de décider de l’association objet / livre.
  2. En fonction du contexte (groupe classe ou 1/2  groupes) ils désignent un élève par groupe ou se lèvent tous pour placer les livres à côté des objets associés.
  3. Une fois que les objets sont placés, je leur laisse éventuellement un deuxième temps de concertation si de nombreux objets ne sont pas associés au bon livre.
  4. La séance se poursuit par un petit résumé oral de chaque livre, par le collègue de Lettres ou moi-même et un petit sondage du / des livre(s) de la sélection qui les attire le plus
  5. Enfin le professeur de Lettres explique les modalités de prêt des livres qui sont présents dans la bibliothèque de la classe.

Autant la première partie ne leur pose généralement aucun soucis, autant il y a davantage de mauvaises associations sur ce deuxième temps.

De façon générale, les élèves apprécient cette séance de présentation (on a toujours un choupi-élève qui nous dit « C’était trop bien madaaaaaaame »)

De mon côté, je préfère ce format au précédent, mais je vais devoir le faire évoluer davantage en pensant à:

  • Développer davantage la collaboration au sein des équipes, et celle entre les groupes durant la deuxième partie.
  • Favoriser une lecture approfondie des extraits, en augmentant le degré de difficulté d’association extraits / objets?
  • Introduire des outils numériques?
  • Concevoir une séance s’inspirant des escape game?

 

Annexe: Les objets et extraits

Pour infos, voici les objets et les extraits que nous avons sélectionnés pour chaque livre de la sélection

  • Le peuple du chemin de Marion Achard : un hélicoptère playmobil. Extrait: p.53 à 57
  • La saveur des bananes frites de Sophie Noël: un avion playmobil. Extrait: p.34 à 37
  • Baby-Sittor d’Isabelle Renaud: un saucier indien. Extrait: p.111 à p.119
  • Les compagnons de la cigogne Tome 1 de Sophie Humann: une boite renfermant des cigares (objet perso) Extraits: p.24 puis P.58 à 59, puis p.104
  • Megumi et le fantôme d’Eric Senabre: une boite à biscuits en métal. Extraitsp.49 à 51 puis p.60 à 65 (montages d’extraits sur ces 5 pages)
  • Ruby tête haute, d’Irène Cohen-Janca, illustrations de Marc Daniau: une casquette « Police ». Extrait: p.12

 

#septembre2018 On the road again

Avec un peu de retard, je reviens sur les dernières semaines du mois de septembre.
Je ne sais pas vous, mais je n’ai pas vu passer ce premier mois . C’est en général un mois assez chargé: manuels scolaires, gestion des projets mis en place en fin d’année, mise en place des nouveaux etc…

Le salon du livre

Ici, le gros dossier du mois de septembre est l’organisation et la coordination du salon du livre. Dans le cadre du PEAC, toutes les classes de 4ème reçoivent un auteur au sein du collège. Cette année, nous recevons donc Insa Sané, Catherine Grive, Florence Cadier et Claudine Aubrun.  En fin d’année, j’avais récupéré dans les CDI voisins des ouvrages de ces auteurs, passer une commande pour le CDI et répartis les auteur entre les différents collègues ayant en charge les classes de ce niveau. Courant septembre, j’ai récupéré des exemplaires supplémentaires à la médiathèque et distribués les documents entre les différents enseignants. Puis j’ai envoyé de nombreux mails: à l’organisatrice / médiatrice du salon pour caler les horaires d’intervention, aux collègues pour les informer également de ce planning et les encourager à me solliciter pour la préparation de la rencontre (il faut avouer que cette étape est souvent bâclée car les délais sont courts, mais j’ai tout fait pour anticiper en fin d’année… sans véritables résultats). Puis de longues minutes passées dans le bureau du principal adjoint pour gérer les incidences sur les emplois du temps des classes et des autres professeurs, chercher des salles dispos. Puis re mail aux collègues de français pour leur communiquer les salles et autres collègues impactés par ces changements. Comme je vais jouer au taxi, il a fallu aussi que je contacte les auteurs pour les informer de l’heure à laquelle je viens les chercher. Et puis il faut aussi organiser l’auberge espagnole, histoire qu’on ne se ramène pas tous avec une quiche ou un gâteau….

Tout ceci devient une habitude au bout de ma troisième rentrée dans ce collège. Mais il y a eu un évènement quelque peu…. embarrassant, frustrant et qui m’a un poil mise en rogne…

Explication: quand j’ai su, au mois de mai, qu’Insa Sané serait potentiellement présent au salon, j’ai directement placé une option. Et comme chaque année, je soumets la liste des auteurs susceptibles d’intervenir au collège pour consultation. Comme vous pouvez vous en douter je n’obtiens généralement aucune réponse hormis le fait de me débrouiller car la littérature jeunesse c’est pas leur truc. Insa Sané a de suite été retenu par ma collègue de Segpa. Il restait donc une intervention pour une classe. Au moment de la répartition toutes étaient potentiellement intéressées mais une collègue a remporté la mise (… « Je connais, j’ai déjà lu etc etc » ….). Je commande donc mes ouvrages, leur fait passer pour l’été, et v’là que la dite collègue vient me voir pour me faire part de sa stupeur sur le vocabulaire employé (gros mots etc…) et des passages un peu crus. Je n’avais lu que Sarcelles Dakar et Tu seras partout chez toi. Je décide donc de lire le roman incriminé (Du plomb dans le crâne) et en effet les premières pages sont… plutôt hot. A la rentrée, je lui propose donc de ne pas proposer certains de ses titres aux élèves. On reste sur Sarcelles Dakar, Tu seras partout chez toi et éventuellement Daddy est mort et Les cancres de Rousseau. Quelques temps après la répartition des livres dans la classe, une maman d’élève a fait part de son mécontentement sur les lectures proposées à sa fille, en évoquant les premières pages de Sarcelles Dakar, où on trouve « un vocabulaire châtié » et une « mauvaise représentation de la femme » entre autre… Ma collègue a répondu à la maman, en allant « dans son sens » et en reportant plus ou moins la faute sur les organisateurs du Salon…. Je dois avouer que j’ai été assez scotchée par ce courrier, et par la réponse apportée. Puis, en colère, car ma collègue a utilisé le « nous » en m’incluant dans sa réponse. Mais elle ne m’en a pas fait part (je n’ai eu la dite lettre qu’une fois qu’elle a été transmise à la maman et à l’équipe de direction) et ne m’a pas inclus dans la rédaction. Sans vouloir être réac’, il me semble que soit on écrit une réponse individuelle en utilisant le « je » ou alors on construit le courrier à 2 quand on y inclut une autre personne… De plus, je ne suis pas d’accord avec les arguments de sa réponse, qui ne correspondent pas à mes convictions, ni à mes valeurs…. Insa Sané, malgré son style d’écriture est un artiste à part entière, et je suis fière de le recevoir au collège. Après cet épisode, je dois quand même avouer avoir douté.. Et si j’avais merdé? Et si j’avais fait un mauvais choix? J’ai donc cherché des témoignages de collègues prof doc ayant reçu cet auteur, et leurs réponses m’ont rassurées et permis de prendre un peu de hauteur par rapport à cette histoire (oui c’est un écrivain au style urbain, on trouve un vocabulaire parfois cru et ses personnages ont parfois une image rétrograde de la femme, mais il y a un style d’écriture, une narration où le côté misogyne est souvent déconstruit au fur et à mesure du récit… Ce style d’écriture n’est donc pas gratuit et a donc une finalité). Bref ce fût ma grosse frustration de ces dernières semaines, et j’ai hâte d’être à vendredi!

Manuels scolaires

Un autre point qui m’a occupée pendant ce mois de septembre. J’ai nommé les bons vieux manuels scolaires. Comme beaucoup d’entre nous, je gère le dossier à 90%, voir 95%. Je prends sur moi chaque année. Mais des fois il y a une goutte d’eau qui fait déborder le vase et ici elle concerne les manuels numériques. Les licences acquises avec le renouvellement papier  arrivent pour certaines à expiration et je suis sollicitée pour les reconduire. Dans ce cas, il faut contacter les éditeurs pour obtenir une prolongation de la licence des manuels profs puis s’accorder avec le référent numérique pour l’intégration sur l’ENT. Mais ça ne fait pas partie de mes missions (je suis déjà bien gentille de m’occuper de la distribution / restitution) et un mail de trop et je suis montée dans mes tours (c’est la même rengaine chaque année). Ni une ni deux j’ai envoyé un mail à mon principal et à l’adjoint gestionnaire faisant état de ma lassitude à ce sujet, et du fait que je souhaitais être rétribuée via une IMP pour cette mission « particulière » ou bien qu’il fallait songer à une autre répartition des tâches qui me mettrait hors circuit sur ce dossier. Pas de solutions à mon problème, mais j’ai été entendue et j’attends de voir la suite.

Le Cagibi CDI et le futur CDI

Si vous avez suivi, vous avez compris que je suis dans un lieu de transition dans l’attente de la livraison du futur CDI. Cette livraison devait avoir lieu en janvier. Mais les travaux….

En montant sur le chantier un lundi avec le prof de techno pour parler câble avec l’électricien (ils étaient partis pour m’installer les ordis à l’autre bout du CDI) j’ai appris qu’il y avait du retard dans les travaux. Retard confirmé par mon principal qui était bien désolé. J’ai légèrement déprimé le reste de la journée… Et puis parce qu’il faut bien rebondir, je me suis fait une raison. J’ai demandé un ré-aménagement du CDI provisoire afin de le rendre un tant soit peu plus agréable et fonctionnel en attendant le saint Graal. En attendant j’ai déposé mes devis pour du mobilier / matériel qui devraient être acceptés (dont des tables sur roulettes et rabattables pour pouvoir créer des espaces de travail modulables). Quand j’ai un coup de mou, je regarde les plans de mon futur lieu de travail…  Et j’espère que mon RDV de carrière aura lieu dans ce nouveau CDI (j’avais déjà demandé à ce qu’il est lieu après janvier, et je n’ose pas demander à ce qu’il soit éventuellement repousser encore une fois. D’autant que le retard peut encore être prolongé pour une durée indéterminée)

Et la péda dans tout ça?

Pas grand chose de ce côté… De toutes façons il est très difficile d’accueillir une classe entière dans ce CDI. Je suis tout de même intervenue dans quelques classes pour préparer la venue des auteurs avec UNE collègue, j’ai présenté la sélection des Inco CM2/ 6ème à quelques classes de 6ème. Deux intervention avec les 3ème Segpa et ma collègue de HAS (CV, création d’adresse mails, présentation du site de l’ONISEP)

Et sinon

J’ai accompagné des élèves de 6ème à leur séjour d’intégration. Et c’était chouette! On a fait une randonnée et visité un village fortifié magnifique, organisé un cache cache nocturne… L’an prochain je me porte à nouveau volontaire!